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Agnès Varda : ce que ses photographies font au quotidien

Une enfant aux ailes d’ange, une cour transformée en galerie, des objets familiers : trois repères pour découvrir le travail photographique d’Agnès Varda.

Agnès Varda au micro, les mains levées, devant un fond bleu.
Source et licence de l’image
Harald Krichel / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Agnès Varda à la Berlinale, février 2019.

Une enfant porte des ailes d’ange dans les rues de Paris. En 1955, Agnès Varda fait poser sa nièce Christine d’Allens dans ce costume, rappelle la Ville de Paris dans son dossier consacré à la photographe. Le détail change la lecture de la scène : la rue demeure ordinaire, mais quelqu’un y introduit une fiction. Cette rencontre entre observation et mise en scène offre une entrée dans son travail photographique.

On connaît Varda cinéaste. Ses photographies permettent pourtant de suivre une pratique qui possède ses propres sujets, ses supports et ses lieux d’exposition. Les archives et dossiers de musées éclairent ce parcours sans qu’il faille réduire chaque image à l’annonce d’un futur film.

Une première exposition dans sa cour

Le 1er juin 1954, Varda présente ses photographies au 86, rue Daguerre, à Paris. L’Institut pour la photographie décrit une exposition installée dans la cour de sa maison-laboratoire, devant ses proches et ses voisins. Les tirages, collés sur des panneaux d’isorel, sont fixés aux murs et aux volets avec des tasseaux qui les en détachent.

Ce dispositif compte autant que l’adresse : un espace quotidien devient un lieu où regarder des images. Le dossier de l’Institut précise que les œuvres réunies datent de 1949 à 1954. Varda, titulaire depuis 1949 d’un CAP de photographe, travaille alors au Rolleiflex ou à la chambre à soufflet. Sa photographie s’appuie donc aussi sur un métier et des outils.

Faire apparaître une autre forme dans le quotidien

Dans les textes de son exposition consacrée à Varda, l’Instituto Moreira Salles évoque notamment une pomme de terre en forme de cœur, des morceaux de bois et des portraits. Les commissaires soulignent le mélange des genres et l’humour de ce premier ensemble. C’est une lecture curatoriale : elle invite à chercher ce que le cadrage fait apparaître dans des objets familiers, sans leur imposer un sens unique.

Le motif des ailes se retrouve aussi dans un autoportrait du 23 novembre 1955, documenté par la Ville de Paris. Passer de l’enfant costumée à l’artiste devant son objectif permet de rapprocher deux usages d’un même accessoire. Cela ne suffit pas à leur attribuer une intention identique.

De l’image fixe au film, et retour

Le dossier de l’Instituto Moreira Salles décrit les photographies préparatoires de La Pointe Courte comme des essais de plans également composés en images autonomes. Il présente aussi les clichés préparant L’Opéra-Mouffe, film de 1958 : la photographie nourrit le travail cinématographique, sans s’y dissoudre.

Ces repères proviennent de documents d’exposition, et non d’une visite rapportée ici. Ils donnent une manière concrète d’aborder les reproductions : distinguer ce qui se trouvait devant l’objectif, ce qui a été disposé pour la prise de vue et ce que le cadre nous laisse voir.

Sources

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