Lutter contre l’antibiorésistance ne consiste pas seulement à demander de moins utiliser les antibiotiques. Il faut aussi permettre aux personnes qui en ont besoin d’accéder au bon diagnostic et au traitement approprié. Un guide présenté par l’Organisation mondiale de la santé le 2 septembre 2026 place ces inégalités au centre des plans nationaux de lutte.
Deux difficultés qui peuvent coexister
Dans sa fiche actualisée le 16 juillet, l’OMS décrit la résistance aux antimicrobiens comme la perte de réponse des microbes aux médicaments destinés à les combattre. Les antibiotiques visent les bactéries ; la catégorie plus large des antimicrobiens comprend aussi les antiviraux, antifongiques et antiparasitaires.
L’organisation cite à la fois les usages inappropriés ou excessifs et les difficultés d’accès aux vaccins, aux diagnostics et aux médicaments parmi les facteurs de la crise. Ces constats ne se contredisent pas. Une politique peut chercher à éviter un usage inutile tout en améliorant l’accès à un traitement nécessaire.
Cette distinction empêche de réduire le problème à une consigne uniforme adressée aux patients. Elle conduit plutôt à demander où se situent les obstacles : prévention insuffisante, accès aux soins, diagnostic ou disponibilité des traitements.
Trois situations pour examiner les inégalités
La présentation officielle du guide de septembre retient trois champs : l’eau, l’assainissement et l’hygiène ; l’accès aux services de santé et aux antibiotiques essentiels ; la surveillance des résistances et de l’usage des médicaments.
Le document annonce vingt recommandations, articulées aux treize interventions du cadre de l’OMS centré sur les personnes. Les pays sont invités à les adapter à leur situation. Il s’agit d’une orientation pour l’action publique, pas d’une étude démontrant que les inégalités auraient déjà été réduites.
Le choix des trois champs élargit la discussion. Examiner l’accès aux antibiotiques sans regarder la prévention des infections laisserait une partie du problème hors champ. De même, un dispositif de surveillance doit pouvoir éclairer les besoins auxquels une politique entend répondre.
Une stratégie qui relie plusieurs secteurs
Cette publication s’inscrit dans le plan mondial 2026–2036 adopté par l’Assemblée mondiale de la santé le 23 mai, selon le compte rendu publié deux jours plus tard. Le plan associe santé humaine, santé animale, végétaux, systèmes alimentaires et environnement dans une approche dite « Une seule santé ».
L’OMS met notamment en avant la prévention des infections, l’eau et l’hygiène, la vaccination, la surveillance et un financement durable. L’adoption d’un cadre fixe une direction ; sa mise en œuvre doit ensuite être suivie et documentée.
Pour lire les prochains bilans, la question utile sera donc double : les usages inappropriés diminuent-ils, et les personnes concernées accèdent-elles effectivement aux moyens de prévenir et de traiter les infections ? Un progrès sur le premier volet ne suffit pas à répondre au second.
Sources
- OMS, présentation du guide sur l’équité dans les plans nationaux, 2 septembre 2026.
- OMS, fiche sur la résistance aux antimicrobiens, 16 juillet 2026.
- OMS, adoption du plan mondial 2026–2036, communiqué du 25 mai 2026.
Sources consultées le 21 octobre 2026.






