Sur la photographie, Mercure ressemble déjà à un monde tout proche : reliefs criblés de cratères, plaines et frontière entre ombre et lumière. Cette vue est pourtant une archive du survol du 8 janvier 2025. Au 1er octobre 2026, BepiColombo n’est pas encore installée sur ses orbites scientifiques. La mission européenne et japonaise prépare cette arrivée après une étape franchie le 3 septembre : la séparation du module qui l’a accompagnée pendant son voyage.
Le véhicule de croisière a terminé son rôle
Le Mercury Transfer Module, ou MTM, assurait notamment la propulsion électrique de l’ensemble. Ses moteurs utilisaient du xénon pour produire une poussée faible, mais prolongée. Après près de huit ans de trajet et neuf assistances gravitationnelles planétaires, sa mission de transport est terminée.
L’ESA a confirmé la séparation le 3 septembre. La suite des manœuvres repose sur les propulseurs chimiques de l’orbiteur européen MPO. Le module abandonné, lui, poursuit sa trajectoire autour du Soleil : il n’est pas destiné à devenir un troisième satellite scientifique autour de Mercure.
Cette séparation change la configuration de la mission. Elle ne signifie pas que les observations principales ont commencé. Entre l’approche d’une planète, la capture par sa gravité et l’installation des instruments sur leurs orbites de travail, plusieurs opérations restent nécessaires.
Quatre rendez-vous pour comprendre la suite
Le calendrier publié par l’ESA distingue les étapes suivantes. Les dates restent susceptibles d’être adaptées pour des raisons opérationnelles.
| Étape prévue | Date annoncée |
|---|---|
| Capture autour de Mercure de l’ensemble MPO et Mio | 21 novembre 2026 |
| Séparation de l’orbiteur japonais Mio | 9–10 décembre 2026 |
| Arrivée de MPO sur son orbite scientifique finale | 10 mars 2027 |
| Début de la phase scientifique | 6 avril 2027 |
Entre ces jalons, d’autres opérations sont programmées, dont la libération du bouclier solaire de Mio le 16 décembre. L’arrivée est ainsi une séquence de plusieurs mois. Un titre annonçant simplement « BepiColombo à Mercure » ne suffira pas à dire où en est la mission : il faudra regarder de quelle étape il s’agit.
Lire la planète avec autre chose qu’une caméra
L’orbiteur européen emporte onze expériences. BELA doit mesurer la topographie au laser. MERTIS étudiera notamment les minéraux et la température de la surface. L’expérience MORE exploitera les mesures radio pour examiner le champ de gravité et mieux contraindre les propriétés de l’intérieur de Mercure.
Ces approches répondent à des questions différentes. Une image montre des formes ; une mesure de composition aide à caractériser les matériaux ; la gravité apporte des indices sur la répartition des masses. L’intérêt scientifique vient de leur rapprochement, pas seulement de la netteté d’une photographie.
Une image d’archive, un programme encore à venir
La vue qui ouvre cet article a été prise par la caméra M-CAM 1 à environ 1 427 kilomètres de Mercure, lors du sixième survol de la planète. Elle documente ce passage précis. Elle n’illustre ni la séparation de septembre ni une mise en orbite déjà accomplie.
Pour suivre BepiColombo dans les prochains mois, nous retiendrons deux questions : quelle manœuvre a réellement été réalisée, et quelle observation a ensuite été obtenue ? Cette lecture permet de profiter des images sans attribuer trop tôt à la mission des résultats qu’elle n’a pas encore livrés.
Sources
- ESA : séparation du module de transfert, annonce du 7 septembre 2026.
- ESA : calendrier d’arrivée, actualisé en juillet 2026.
- ESA : instruments du Mercury Planetary Orbiter.
- ESA : photographie de Mercure lors du survol du 8 janvier 2025.
- Licence CC BY-SA 3.0 IGO de la photographie et de ses versions adaptées.
Sources consultées le 1er octobre 2026.






