Que connaît-on d’une artiste dont les œuvres ont été conservées, mais peu étudiées ? La rétrospective consacrée à Berthe Brincour au Nationalmusée um Fëschmaart donne une occasion de poser cette question à l’échelle luxembourgeoise. Ouverte depuis le 5 juin 2026, elle se poursuit jusqu’au 10 janvier 2027. Le musée la présente comme la première grande rétrospective de cette peintre née en 1879 et morte en 1947.
Un legs ne suffit pas à faire connaître une œuvre
Brincour a légué son œuvre à l’État. Près de quatre-vingts ans plus tard, explique le musée, une grande partie de cet ensemble restait encore peu examinée. L’exposition s’appuie sur un travail de recherche et de restauration destiné à mieux comprendre ce fonds.
C’est un point d’entrée passionnant pour la visite. Posséder une collection et pouvoir en raconter l’histoire sont deux choses différentes. Pour le visiteur, l’enjeu n’est donc pas seulement de découvrir un nom : il est aussi d’observer comment une institution construit les connaissances qu’elle partage avec le public.
Une date approximative, une technique précisée sur un cartel ou un titre absent peuvent alors devenir des éléments du regard. Ils invitent à distinguer ce que l’on voit dans l’œuvre de ce que l’on sait de sa fabrication. Cette lecture attentive n’exige aucune expertise préalable.
Une trajectoire qui dépasse les frontières du pays
Le parcours biographique publié par le musée fait passer Brincour par Munich, Dachau, Genève, Lausanne et Paris. Issue d’une famille luxembourgeoise aisée, elle suit une formation à la Damen-Akademie de Munich, institution accessible aux femmes à une époque où leurs possibilités d’études artistiques sont limitées.
Ce contexte offre une piste de visite : regarder à la fois les possibilités dont elle a disposé et le chemin singulier qu’elle a suivi. Nous proposons de garder cette question ouverte devant les œuvres, sans réduire chaque paysage ou chaque figure à une étape de sa biographie.
Regarder d’abord, chercher les mots ensuite
Sur le site de l’exposition, la sélection associe huiles sur toile, gouaches et encres. *Salome*, par exemple, y est datée vers 1915–1920 et décrite comme une gouache sur papier. Plusieurs autres œuvres portent des fourchettes de datation larges : elles ne permettent pas de reconstruire une chronologie précise à partir de ces seuls repères.
Pour aborder l’exposition, essayez un exercice simple : choisissez une œuvre et regardez-la avant de lire son cartel. Repérez une ligne, une couleur ou un détail qui retient votre attention. Lisez ensuite les informations, puis revenez à l’image. Ce second regard peut transformer le premier, ou lui résister ; dans les deux cas, vous aurez commencé une rencontre personnelle avec l’œuvre.
Préparer sa visite
L’exposition se tient au Nationalmusée, Marché-aux-Poissons à Luxembourg-Ville. Le site indique une ouverture du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures, prolongée jusqu’à 20 heures le jeudi ; le lundi est fermé. La rétrospective est annoncée payante : consultez la billetterie du musée pour le tarif applicable et les éventuelles conditions de gratuité.
Le site dédié permet de prolonger la découverte avec une sélection d’œuvres et des contenus audio. C’est aussi une porte d’entrée pour ceux qui souhaitent préparer quelques repères avant la visite, sans se donner l’obligation de tout connaître avant de regarder.
Sources
- Nationalmusée : présentation officielle de la rétrospective Berthe Brincour.
- MNAHA : site de l’exposition, parcours biographique, œuvres et informations pratiques.
Sources consultées le 1er octobre 2026.






