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Calotte de Barnes : pourquoi des chercheurs parlent d’une glaciation interrompue

Des plantes conservées sous la glace retracent une avancée ancienne, suivie d’un recul. Ce résultat éclaire une dynamique lente, sans annoncer un grand froid imminent.

Vue satellite de la calotte de Barnes : glace claire parcourue de chenaux, entourée de terres brunes et de lacs.
Source et licence de l’image
NASA Earth Observatory / Lauren Dauphin, données USGS

Des végétaux morts, dégagés par le recul de la glace, permettent de raconter une ancienne avancée de la calotte de Barnes, sur l’île de Baffin, au Canada. Des travaux présentés le 22 octobre 2026 proposent d’y voir les premiers pas d’une glaciation ensuite interrompue par le réchauffement d’origine humaine. Cela ne signifie pas qu’un grand froid était imminent.

Des plantes comme témoins de l’avancée de la glace

La calotte de Barnes est un vestige de l’immense calotte laurentide qui recouvrait autrefois une partie de l’Amérique du Nord. À ses marges, les chercheurs ont recueilli des mousses et de petits végétaux longtemps conservés sous la glace.

L’Institut de recherche arctique et alpine de l’université du Colorado explique la méthode : la datation au carbone 14 permet de situer la mort des plantes, donc le moment où la glace les a recouvertes. En comparant les échantillons et leur emplacement, l’équipe reconstitue une progression de la marge glaciaire.

Ce relevé spatial apporte davantage qu’une photographie prise à une seule date. L’institut souligne que les premières observations des années 1950 et 1960 avaient décrit une calotte très stable. La reconstruction situe justement cette période autour d’un changement de tendance.

Ce que les auteurs appellent un début de glaciation

Dans la présentation des travaux par l’université Columbia, la reprise de l’expansion remonte à environ 2 000 ans. Puis, autour des années 1960, la tendance s’inverse : les pertes estivales dépassent les apports hivernaux.

Les chercheurs proposent de considérer la première reprise de croissance d’une calotte comme le début d’une période glaciaire. Cette définition n’attend pas que la glace ait de nouveau gagné une grande partie du continent.

La distinction compte. Une avancée locale et lente constitue, dans leur interprétation, un signal précoce ; elle n’annonce pas une transformation rapide des paysages à l’échelle humaine. Les auteurs attribuent l’interruption de cette dynamique au réchauffement lié aux gaz à effet de serre.

Un autre regard sur Barnes : l’été 2026

Les observations récentes décrivent une autre échelle de temps. Earth Observatory a publié le 3 août une vue acquise par Landsat 9 le 12 juillet 2026. Des chenaux et des poches d’eau de fonte apparaissent à la surface de la calotte, dont la couverture neigeuse avait disparu tôt dans la saison.

La glace nue, plus sombre que la neige, absorbe davantage d’énergie solaire. La disparition de la neige peut ainsi accélérer la fonte estivale. Le dossier indique aussi un amincissement d’environ un mètre par an entre 2000 et 2020, avec des vitesses de recul différentes selon les secteurs.

Ces images documentent un été et l’état de la surface. Elles ne datent pas, à elles seules, le début d’une glaciation : ce sont les végétaux anciens qui éclairent l’histoire longue. Réunir les deux observations aide à comprendre le changement de dynamique, sans en déduire une date certaine pour une future période glaciaire.

La calotte de Barnes le 12 juillet 2026, vue par Landsat 9. Image : NASA Earth Observatory / Lauren Dauphin, données USGS.

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