À Bruxelles, la bibliothèque de CINEMATEK porte désormais les noms de David Bordwell et Kristin Thompson. Cet hommage met en lumière une activité moins visible que les projections : le travail documentaire qui permet d’étudier les films, leur fabrication et leur réception. Une carte blanche accompagne ce changement de nom, avec des séances encore programmées en octobre et novembre.
Des recherches qui ont duré des décennies
Dans un récit publié le 14 octobre, Kristin Thompson revient sur les séjours de recherche du couple à Bruxelles, commencés en 1979. Elle explique le rôle de la cinémathèque dans la préparation de leur ouvrage Film History: An Introduction. En 1984, une bourse de recherche avait notamment permis à David Bordwell de passer un semestre dans la capitale belge.
La chercheuse raconte également son retour pour les événements d’inauguration, fin septembre et début octobre. Ce témoignage donne à la nouvelle appellation une histoire concrète : celle d’auteurs revenus consulter des collections au fil de leurs travaux. Il rappelle qu’un livre sur le cinéma se construit aussi dans les archives, à partir de films et de documents que les chercheurs peuvent examiner.
Ce qui se lit autour d’un film
La collection documentaire de CINEMATEK ne se limite pas aux ouvrages consacrés aux réalisateurs. Elle comprend des biographies, des études de genres, des travaux d’esthétique, des scénarios publiés et des recherches sur les débuts du cinéma. Les revues, annuaires et catalogues de festivals permettent de replacer les œuvres dans différents contextes de diffusion.
Les dossiers de presse réunissent notamment des critiques, des entretiens et des documents sur les festivals. Leur intérêt est différent de celui d’un film : ils permettent d’étudier les discours qui l’ont accompagné. Pour un étudiant ou un cinéphile, comparer plusieurs critiques d’époque peut ainsi constituer une question de recherche, au-delà du résumé de l’intrigue.
CINEMATEK conserve aussi affiches, photographies et fonds d’archives. Cette diversité invite à préciser ce que l’on cherche : une analyse esthétique, des éléments de production ou la manière dont une œuvre a été présentée au public ne mobilisent pas nécessairement les mêmes documents.
Une mission ancienne, plusieurs lieux
Fondée en 1938 par Henri Storck, André Thirifays et Pierre Vermeylen, la Cinémathèque royale de Belgique associe la conservation des films, la collecte de documentation et leur consultation à des fins esthétiques et scientifiques. La bibliothèque s’inscrit dans cette mission, à côté des salles et des dépôts.
Cette organisation compte pour préparer un déplacement. Les salles de CINEMATEK se trouvent au 9, rue Baron Horta, tandis que la bibliothèque est installée au 3, rue Ravenstein, dans l’Hôtel de Clèves. Une séance et une recherche documentaire sont donc deux démarches distinctes, même si elles peuvent nourrir le même intérêt pour un cinéaste.
Une carte blanche pour sortir des titres les plus connus
Dans sa présentation du programme, Kristin Thompson explique avoir privilégié des films qu’elle estime moins connus, parfois éclipsés par d’autres œuvres de leur réalisateur. Le choix prolonge l’hommage par des projections, sans imposer un parcours de spécialiste.
Le calendrier officiel annonce notamment Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir le 23 octobre à 18 heures, puis le 1er novembre à 20 heures. Passion de Jean-Luc Godard est programmé le 25 octobre à 19 h 15. Les Amants crucifiés de Kenji Mizoguchi figurent au programme les 20 et 22 novembre. Les fiches de séance précisent la salle et les langues ou sous-titres ; ces éléments méritent d’être vérifiés avant de réserver.
Préparer une consultation
La bibliothèque ouvre le lundi et le mercredi de 9 h 30 à 17 heures, ainsi que le vendredi de 9 h 30 à 13 heures. Elle ferme en août et entre Noël et Nouvel An. Une sélection de documents est librement consultable en salle ; les autres doivent être demandés au plus tard la veille ouvrable avant 13 heures.
Le catalogue sert à identifier les références, à transmettre ensuite par courriel à bib@cinematek.be. L’établissement signale une accessibilité difficile pour les personnes en fauteuil roulant et demande de contacter son responsable pour rechercher une solution adaptée. Ces préparatifs permettent de consacrer le déplacement aux documents effectivement disponibles.
Sources
- Kristin Thompson : récit de l’hommage, 14 octobre 2026.
- CINEMATEK : collections documentaires.
- CINEMATEK : institution et implantations.
- CINEMATEK : carte blanche et séances.
- CINEMATEK : bibliothèque et consultation.
Sources consultées le 21 octobre 2026.






