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Clara Haskil : à Vevey, un refuge devenu mémoire musicale

Réfugiée en Suisse en 1942, Clara Haskil a laissé une empreinte qui dépasse ses disques. De ses concerts aux jeunes pianistes primés en son nom, Vevey permet de suivre les chemins de cet héritage.

Façade jaune et volets mauves de la maison Clara Haskil à Vevey, avec sa plaque de rue.
Source et licence de l’image
Sylenius / Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0. Maison Clara Haskil à Vevey.

Le nom de Clara Haskil appartient à l’histoire du piano, mais il se lit aussi dans une ville. À Vevey, sur le Léman, son parcours relie un refuge pendant la guerre, une vie de concerts et la transmission à de jeunes interprètes. Ce portrait documentaire propose quelques repères pour entrer dans cet héritage.

La Suisse comme refuge

Dans une présentation publiée en janvier 2026, la Tonhalle de Zurich rappelle que la pianiste, née à Bucarest en 1895, a dû fuir la France en 1942 en raison de ses origines juives. Vevey est devenue son nouveau lieu de vie.

Ce séjour suisse ne se résume pas à un retrait. Entre 1945 et 1960, elle s’est produite à dix reprises à la Tonhalle, en récital ou avec orchestre, dans des œuvres de Beethoven, Chopin et Mozart. L’institution rappelle aussi son amitié avec Charlie Chaplin, qui avait acheté un Steinway pour qu’elle puisse jouer lors de ses visites.

Retrouver les œuvres derrière le nom

La chronologie de l’Association Concours Clara Haskil offre des pistes précises. Son enregistrement de la sonate D.960 de Schubert a reçu un Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros en 1953. En 1957, une autre distinction a récompensé ses sonates de Mozart avec le violoniste Arthur Grumiaux.

Ces références invitent à découvrir plusieurs cadres d’interprétation : le piano seul, le dialogue avec un violon, puis le concerto. En 1960, elle a notamment enregistré les concertos K.466 et K.491 de Mozart. Les citer permet de choisir une œuvre et une version ; cela ne remplace pas l’écoute ni n’impose ce que chacun devrait y ressentir.

Une mémoire qui continue sur scène

Le concours portant son nom prolonge cette histoire. La Tonhalle rappelle qu’en 2023, la pianiste malaisienne Magdalene Ho y a remporté le prix principal ainsi que ceux du public, des jeunes critiques et du Children’s Corner. Des invitations en concert ont suivi.

Entre une carrière conservée dans les archives et de nouveaux interprètes qui montent sur scène, l’héritage de Haskil reste ainsi une porte d’entrée vers la musique, plutôt qu’un nom figé dans un hommage.

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