La présence d’un chien peut rassurer son propriétaire sans améliorer toutes les dimensions de son sommeil. Pour comprendre les recherches sur le sujet, il faut séparer trois éléments : l’endroit où dort l’animal, le repos mesuré et la manière dont la personne juge sa nuit.
Dans la chambre ou sur le matelas ?
En 2017, une équipe de la Mayo Clinic a étudié 40 adultes en bonne santé, sans trouble du sommeil, et leurs chiens. Humains et animaux ont porté des capteurs d’activité pendant sept nuits, dans le cadre d’une étude organisée sur cinq mois.
La présentation de ces travaux par la Mayo Clinic distingue la présence du chien dans la chambre du partage du lit. La première n’empêchait pas nécessairement un sommeil satisfaisant ; la seconde était associée à une moins bonne qualité de sommeil. Le sentiment de confort et de sécurité rapporté par certains propriétaires reste une autre dimension de l’expérience.
L’échantillon est petit et sélectionné. Il ne permet pas de promettre le même résultat à une personne insomniaque, à un enfant ou à un foyer accueillant plusieurs animaux. L’étude était financée par la Mayo Clinic.
Ce que montre une enquête plus large
Une étude publiée dans Scientific Reports en mars 2024 a porté sur 1 591 adultes aux États-Unis, dont 758 déclaraient dormir avec un animal. Elle reposait sur des questionnaires.
Les participants concernés rapportaient une qualité de sommeil moins bonne et des symptômes d’insomnie plus marqués. Les chercheurs n’ont pas trouvé d’effet protecteur du sommeil partagé contre l’association entre stress et mauvais sommeil. Les analyses exploratoires faisaient davantage ressortir une association défavorable chez les propriétaires partageant leur espace de sommeil avec un chien.
Il s’agit d’une étude transversale : les informations sont recueillies à un moment donné. Elle ne démontre donc pas que le chien provoque l’insomnie. Les réponses ne remplacent pas non plus un enregistrement physiologique du sommeil. Le financement provenait de Trinity College ; les auteurs déclaraient ne pas avoir de conflit d’intérêts.
Une préférence, plusieurs critères
Ces résultats ne donnent pas un verdict unique pour tous les foyers. Ils montrent surtout pourquoi « je me sens rassuré » et « je dors mieux » ne sont pas des affirmations interchangeables.
Pour apprécier son propre arrangement, la question utile est concrète : la proximité de l’animal s’accompagne-t-elle de réveils, d’un repos insuffisant ou d’une fatigue persistante ? Une difficulté durable mérite d’être discutée avec un professionnel de santé. Ni le confort affectif ni une étude isolée ne suffisent à qualifier toute nuit partagée de bénéfique ou de mauvaise.
Crédit photo : Nurunnaby Chowdhury (Hasive) / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.






