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Énergie au Luxembourg : les prévisions de consommation ne disent pas tout

Les projections citées pour 2026 et 2027 évoluent différemment selon le gaz, le mazout et les carburants. Elles ne mesurent pas, à elles seules, les progrès vers les objectifs climatiques du Luxembourg.

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Des éoliennes sur le Pafebierg près de Mompach, au Luxembourg.
Source et licence de l’image
Zinneke — Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0

Le Luxembourg doit réduire sa consommation d’énergie, mais les prévisions ne dessinent pas une baisse uniforme : en 2026, le Statec anticipe un recul du gaz, du mazout et des carburants par rapport à 2025. Pour 2027, ses projections indiquent des évolutions différentes selon le combustible. Ces chiffres ne mesurent ni la production d’électricité ni, à eux seuls, l’avancement des objectifs climatiques du pays.

Une demande à réduire, sans mesure uniforme annoncée

Le 25 septembre, la Commission européenne a invité les États membres à prendre des mesures pour réduire la demande de gaz et d’électricité, aussi longtemps que nécessaire. La démarche s’inscrit dans un contexte d’approvisionnement jugé volatil, marqué par les crises géopolitiques. Elle ne signifie pas que chaque pays doit appliquer les mêmes mesures, ni que le Luxembourg a déjà décidé de nouvelles restrictions.

Dans sa réponse à une question parlementaire du député CSV Laurent Mosar, le ministre de l’Économie Lex Delles a indiqué que les plans, campagnes de sensibilisation et dispositifs existants produisaient des résultats. Il n’a toutefois pas exclu des mesures complémentaires ou ciblées si la situation le justifiait. Le gouvernement prévoit par ailleurs de réviser le Plan national intégré en matière d’énergie et de climat (PNEC) l’année suivante.

Cette distinction compte : une invitation européenne à réduire la demande n’est pas une annonce de rationnement. La réponse ministérielle laisse ouverte la possibilité d’intervenir, sans préciser dans les éléments disponibles quels secteurs ou quels consommateurs seraient concernés. Le PNEC, lui, fixe des orientations et des objectifs nationaux à moyen terme ; il ne constitue pas un relevé des résultats déjà obtenus.

Des prévisions différentes selon le combustible

Les chiffres avancés par le ministre, sur la base d’études du Statec, portent sur plusieurs combustibles. Pour 2026, l’institut prévoit, par rapport à 2025, une baisse de 6 % de la consommation de gaz, de 16 % de celle de mazout et de 1 % de celle des carburants.

Pour 2027, les prévisions citées annoncent une hausse de 4 % du mazout, tandis que la consommation de gaz et celle des carburants reculeraient respectivement de 2 % et de 8 %. Le contraste est concret : une baisse d’ensemble ne peut pas être déduite de la trajectoire d’un seul combustible. Et une hausse prévue du mazout en 2027 ne permet pas, à elle seule, de conclure que la consommation totale d’énergie repartirait à la hausse.

Ces pourcentages sont des projections, non des consommations constatées. Ils doivent donc être lus comme des estimations susceptibles d’évoluer, et non comme un bilan définitif. Ces taux, seuls, ne donnent ni les volumes concernés ni l’évolution de l’électricité. Il n’est donc pas possible de convertir ces variations en quantité d’énergie économisée, ni d’en déduire l’effet sur la facture d’un ménage.

Il faut aussi distinguer les produits suivis. Le gaz, le mazout et les carburants sont des catégories de consommation ; elles ne décrivent pas à elles seules l’ensemble de la demande énergétique du pays. En particulier, une baisse de la consommation de carburants ne dit pas directement combien d’électricité est produite ou consommée, ni si cette électricité provient de sources renouvelables.

Le PNEC fixe une autre mesure de l’effort

Le PNEC mis à jour a été adopté par le Conseil de gouvernement le 17 juillet 2024. À l’horizon 2030, il prévoit notamment de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2005, hors système européen d’échange de quotas et hors utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (UTCATF). Il vise aussi 37 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale et une amélioration de 42 % de l’efficacité énergétique. La neutralité climatique est fixée comme objectif au plus tard en 2050.

Ces objectifs ne sont pas interchangeables. La consommation finale désigne l’énergie utilisée par les consommateurs finaux ; la part renouvelable en mesure la proportion couverte par des sources renouvelables. L’efficacité énergétique renvoie à une amélioration de la manière dont l’énergie est utilisée. Quant aux émissions, elles suivent un autre indicateur. Une baisse de gaz ou de carburants ne suffit donc pas à établir que le Luxembourg a atteint l’un de ces objectifs.

Le plan rassemble 206 mesures, à des stades d’avancement et selon des calendriers différents. La liste comprend notamment le développement de l’éolien et du solaire, les pompes à chaleur, l’électromobilité, la sortie progressive du chauffage fossile, des aides à la rénovation énergétique et une stratégie nationale pour l’hydrogène. Leur présence dans le plan atteste d’orientations retenues, pas de leur mise en œuvre achevée ni de leur effet mesuré.

Ce que les chiffres permettent de suivre

La consommation d’énergie a progressivement diminué au Luxembourg depuis le début des années 2020, notamment dans l’industrie et les transports. Ce constat de tendance ne permet pas de déterminer, à partir de cette tendance générale, quelle part revient à chaque secteur ou quelle évolution a été observée pour les ménages.

Pour juger des progrès, il faudra donc suivre plusieurs séries séparément : les consommations effectivement observées, les prévisions révisées, la part des renouvelables dans la consommation finale et les émissions rapportées à leur année de référence. D’ici là, les projections pour 2026 et 2027 indiquent des directions différentes selon les combustibles ; elles ne permettent pas, seules, de résumer le défi énergétique luxembourgeois.

Sources

Des éoliennes près de Mompach, au Luxembourg. Photographie d’illustration ; les prévisions présentées portent sur des consommations, pas sur la production de ce site.

Photographie : Zinneke — Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0.

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