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États-Unis : la corruption rivalise avec l’inflation, les accusations contre Kushner restent contestées

À l’approche des élections de mi-mandat, 60 % des électeurs américains se disent extrêmement préoccupés par la corruption gouvernementale. Les accusations visant Jared Kushner sont, elles, contestées et non vérifiées indépendamment.

Façade du Capitole des États-Unis à Washington, photographiée en mai 2024
Source et licence de l’image
AramilFeraxa / Wikimedia Commons — CC BY 4.0

La corruption gouvernementale se situe désormais au même niveau statistique que l’inflation parmi les sujets qui inquiètent le plus vivement les électeurs américains. Ce constat mesure un climat politique, pas la réalité de chaque accusation ni le résultat des élections de mi-mandat. Il prend une résonance particulière alors qu’un livre met en cause Jared Kushner, gendre et ancien conseiller de Donald Trump, sur la base d’éléments vivement contestés.

La corruption au niveau de l’inflation dans un sondage

Dans un sondage Fox News réalisé du 9 au 12 octobre 2026, 60 % des électeurs inscrits interrogés se disent « extrêmement préoccupés » par la corruption du gouvernement. L’inflation arrive à 58 %. L’échantillon compte 1 202 personnes et la marge d’erreur annoncée est de plus ou moins 2,5 points.

La proximité des deux chiffres interdit d’en faire un classement absolu : l’écart de deux points se situe dans la marge d’erreur. Le résultat montre cependant que la corruption appartient au premier rang des préoccupations, au même niveau que le coût de la vie. Il ne dit ni qui les électeurs jugent responsable, ni quelle formation ils choisiront dans l’isoloir.

La défiance dépasse d’ailleurs un seul camp. Dans la même enquête, 15 % des répondants approuvent le travail du Congrès, contre 84 % qui le désapprouvent. Les deux grands partis sont davantage regardés défavorablement que favorablement. La corruption devient ainsi un angle d’attaque disponible contre l’adversaire, mais aussi un risque pour toute institution associée au pouvoir.

Ce que le livre affirme sur Jared Kushner

Le 22 octobre, Vanity Fair a publié un extrait de *Princes and Thieves*, livre du journaliste Matthew Cole. L’auteur affirme que le service néerlandais de renseignement militaire aurait accédé au téléphone de Jared Kushner pendant le premier mandat de Donald Trump. Il dit y avoir découvert des informations relatives à des comptes alimentés par des gouvernements étrangers.

Ces affirmations portent sur des faits supposés remontant à 2017 et 2018. Elles ne constituent pas, à elles seules, une décision de justice ni une preuve rendue publique et vérifiée contradictoirement. Le conditionnel n’est donc pas une précaution de style : il traduit l’état du dossier accessible au lecteur.

Le livre avance notamment que Kushner aurait disposé d’un pouvoir de signature sur des comptes approvisionnés par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, pour environ deux milliards de dollars, ainsi que sur un autre compte lié au gouvernement israélien. Le récit attribue ces informations aux services néerlandais. Vanity Fair publie un extrait du livre ; il ne produit pas de relevés bancaires permettant au public de contrôler ces montants.

Des démentis qui doivent figurer dans le dossier

CBS News a indiqué le 23 octobre ne pas avoir vérifié indépendamment les allégations du livre. Le média rapporte un démenti catégorique de Jared Kushner et de son équipe juridique. Ses avocats contestent l’existence de relevés bancaires ou de détails susceptibles d’étayer le récit. La Maison-Blanche rejette également les accusations.

Deux niveaux doivent donc rester séparés. Le premier est établi : un livre publié à l’approche des élections formule des accusations graves, reprises dans le débat public et niées par les personnes visées. Le second reste à démontrer : l’existence, la nature et l’usage des comptes décrits. Tant que les pièces primaires ne sont pas accessibles ou authentifiées par une procédure indépendante, il serait trompeur de présenter ces allégations comme des faits acquis.

Cette distinction ne rend pas le sujet insignifiant. Elle permet au contraire d’en mesurer la portée réelle. Une accusation non prouvée peut peser politiquement si elle rencontre une défiance déjà forte ; elle ne devient pas vraie pour autant. À quelques jours du vote, la campagne peut donc se déplacer vers l’éthique du pouvoir sans que le sondage permette de prévoir l’issue du scrutin.

Le vote reste une inconnue

Le sondage a été mené du 9 au 12 octobre, avant la publication de l’extrait de Vanity Fair. Il ne mesure donc pas l’effet propre des accusations contre Kushner. Il ne permet pas non plus de savoir si la corruption primera, au moment de voter, sur le coût de la vie, la santé, l’immigration ou l’attachement partisan.

La donnée utile est plus limitée : la corruption gouvernementale constitue un sujet majeur et transversal de la fin de campagne. Les accusations visant Kushner lui donnent un visage immédiat, mais leur contestation impose de conserver l’attribution et l’incertitude à chaque étape. Le 3 novembre dira comment ce climat se traduit dans les urnes ; aucun sondage d’inquiétude ne vaut résultat électoral.

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