Des citrons jaunes, des vêtements bleus et plusieurs femmes réunies autour d’une même tâche : dans *Les emballeuses de citrons à Majorque* (1912), Georges Kars construit une scène de travail par les gestes, les courbes et les contrastes de couleur. La reproduction permet déjà d’observer comment les silhouettes s’emboîtent autour des fruits, sans avoir à connaître toute la carrière du peintre.
Ce tableau figure parmi les œuvres reproduites par la Galerie nationale de Prague dans sa présentation de l’exposition. « Georges Kars, un Bohémien à Paris » se tient au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ), à Paris, jusqu’au 14 mars 2027. Voici des repères pour aborder le projet et préparer une visite.
Commencer par une scène de travail
Sur la reproduction du tableau de 1912, les citrons forment une zone lumineuse au milieu d’un ensemble dominé par les bleus. Une femme vue de dos occupe le premier plan ; d’autres se penchent, tiennent un fruit ou orientent leur regard vers la tâche commune. Les mains et les inclinaisons des corps font circuler l’attention.
Cette observation concerne l’image numérisée. Elle ne renseigne pas à elle seule sur la matière de la peinture, son effet à l’échelle réelle ou sa place dans les salles du mahJ.
Pour regarder l’œuvre, on peut suivre deux chemins : partir des fruits et remonter vers les mains, puis parcourir les silhouettes en observant la manière dont leurs contours se répondent. Il s’agit d’une proposition de lecture, sans intention prêtée à l’artiste.
Un parcours entre plusieurs scènes européennes
Georges Kars (1880-1945) appartient à la génération des artistes d’Europe centrale liés à la vie artistique parisienne. La présentation de l’exposition par le mahJ rappelle sa formation à Munich et ses liens avec les milieux artistiques de Prague et de Paris.
Elle situe son œuvre au croisement de l’expressionnisme et du cubisme, puis d’une figuration personnelle. Ces termes peuvent servir de repères : observer les constructions du tableau, les volumes des corps et les choix de couleur permet de leur donner un contenu concret.
L’histoire du peintre est également celle d’un exil : revenu à Prague en 1937, Kars fuit vers Paris en 1939, se réfugie ensuite à Lyon puis passe en Suisse en 1942. Le musée rapporte son internement dans plusieurs camps avant sa mort à Genève en 1945.
Le parcours annoncé invite aussi à replacer Kars dans un réseau d’artistes, de critiques et de marchands, parmi lesquels Suzanne Valadon, Chana Orloff et Berthe Weill. Cette histoire collective évite de présenter sa peinture comme une aventure isolée.
Ce que réunit l’exposition
La Galerie nationale de Prague annonce plus de 150 peintures, dessins et documents d’archives. Ce nombre désigne l’ensemble des pièces, et non 150 tableaux. Le commissariat associe Anna Pravdová, conservatrice à Prague, et Pascale Samuel, conservatrice au mahJ.
L’exposition rapproche ainsi les œuvres et les documents qui éclairent leur contexte. Cette présentation s’appuie sur les ressources des institutions et sur la reproduction du tableau ; elle ne constitue pas un compte rendu de visite ni une appréciation de l’accrochage.
Préparer sa venue au mahJ
Le musée se trouve 71, rue du Temple, dans le Marais à Paris. Les horaires publiés par le mahJ prévoient, pendant cette exposition :
- mardi, jeudi et vendredi : 11 h à 18 h ;
- mercredi : 11 h à 21 h ;
- samedi et dimanche : 10 h à 19 h ;
- fermeture hebdomadaire le lundi.
Le musée annonce une dernière entrée 45 minutes avant la fermeture. Des horaires particuliers s’appliquent en fin d’année et le musée ferme le 1er janvier : consulter le calendrier officiel avant un déplacement permet de choisir son créneau.
Les informations de visite ont été contrôlées le 25 octobre 2026.
*Œuvre : Georges Kars, Les emballeuses de citrons à Majorque, 1912, Galerie nationale de Prague / Wikimedia Commons, domaine public.*






