La surface blanche du Groenland dissimule un paysage de reliefs et de vallées. Sous une calotte qui dépasse trois kilomètres d’épaisseur à certains endroits, observer directement le sol est impossible à l’échelle de toute l’île. Une nouvelle méthode utilise donc les traces discrètes que ce relief laisse dans l’écoulement de la glace.
Lire les déformations de la surface
Lorsqu’une masse de glace passe au-dessus d’une vallée ou d’une crête, sa surface peut conserver de légères bosses ou dépressions. En combinant des mesures satellitaires détaillées et une analyse de ces perturbations, les chercheurs déduisent une partie de la topographie enfouie.
La méthode, présentée par la NASA le 28 septembre, a permis de cartographier manuellement 1 943 vallées sous-glaciaires. Environ un tiers sont nouvellement identifiées. D’autres, déjà connues près des marges, semblent se prolonger bien plus loin vers l’intérieur.
Des formes qui interrogent l’histoire de l’île
Certaines vallées correspondent aux attentes liées aux anciens reliefs du Groenland. D’autres, longues et rectilignes dans le centre-ouest, présentent une orientation commune qui suggère une influence tectonique. Les angles de ramification conduisent aussi les chercheurs à envisager un rôle ancien des eaux souterraines dans leur formation.
Ces interprétations sont des pistes scientifiques. La carte ne montre pas des rivières actuelles à ciel ouvert sous toute la glace, et chaque forme ne dispose pas encore d’une histoire entièrement résolue.
Pourquoi le relief compte pour l’avenir de la glace
Les vallées canalisent l’écoulement glaciaire. Mieux connaître leur position aide donc à représenter les chemins que la glace peut suivre et à améliorer les modèles. Le travail vise notamment à enrichir de futures versions du jeu de données BedMachine Greenland.
Il ne fournit pas, à lui seul, une date de disparition de la calotte ou une prévision locale du niveau marin. Une topographie plus précise améliore une composante de la compréhension ; les projections dépendent aussi d’autres observations et hypothèses.
Cette recherche transforme notre connaissance d’un paysage inaccessible en exploitant des indices de surface. Elle rappelle un principe fascinant de l’observation terrestre : ce que l’on ne voit pas directement peut parfois être reconstitué grâce à la manière dont il modifie ce qui est visible.
Sources
Sources consultées le 1er octobre 2026.






