Le Concerto pour trompette de Joseph Haydn raconte aussi une histoire d’instrument. Derrière cette œuvre du répertoire se trouve Anton Weidinger, un musicien qui cherche à élargir les possibilités de la trompette. Haydn compose pour lui en 1796 ; la première exécution publique attend le 28 mars 1800.
Des clés pour accéder aux demi-tons
La notice consacrée à Weidinger dans Larousse décrit une trompette percée de trous et munie de clés, mise au point vers 1793. Le dispositif permet de jouer sur deux octaves tous les degrés de la gamme chromatique : une succession de notes séparées par des demi-tons.
Cette invention ouvre un espace musical différent. Le soliste peut construire des lignes qui ne reposent plus seulement sur les possibilités habituelles de l’instrument naturel. La transformation du mécanisme devient une transformation de ce qu’un compositeur peut lui demander.
Une œuvre pensée pour Weidinger
L’éditeur Henle confirme que le concerto en mi bémol majeur, répertorié Hob. VIIe:1, a été écrit spécialement pour ce trompettiste. Sa présentation rappelle aussi que des contemporains décrivaient le son de l’instrument à clés comme doux et délicat.
Henle avance un rapprochement prudent entre cette sonorité et la place donnée aux thèmes lyriques. Ce contexte invite à aborder le concerto par la souplesse de la ligne autant que par la virtuosité : la nouveauté technique offre aussi la possibilité de faire chanter l’instrument.
La trompette à clés précède celle à pistons
Il ne faut pas imaginer entre les mains de Weidinger la trompette moderne habituelle. Le système à clés appartient à une autre étape de son histoire. Larousse distingue cette invention de l’apparition ultérieure de la trompette à pistons.
Le concerto, lui, traverse ces changements. Aujourd’hui joué sur d’autres instruments, il conserve la trace d’une rencontre précise : un interprète propose de nouvelles possibilités et un compositeur en fait une œuvre durable.
Portrait : Thomas Hardy, 1791 / Wikimedia Commons, domaine public.






