Des hallucinations après la consommation de Lanmaoa asiatica sont décrites dans des travaux médicaux. Comprendre ces intoxications et identifier la substance responsable restent toutefois deux questions différentes. Les études disponibles permettent de préciser ce qui a été observé, sans présenter ce champignon comme une expérience sans risque.
Des symptômes étudiés chez des patients hospitalisés
Une étude clinique publiée le 8 juillet 2025 dans Food Science & Nutrition a comparé les prélèvements sanguins de 20 patients intoxiqués, accueillis au Yunnan entre juin et août 2024, à ceux de 20 volontaires en bonne santé.
Quinze patients, soit 75 % du groupe intoxiqué, présentaient des hallucinations. Ce chiffre décrit des personnes hospitalisées : il ne mesure pas la probabilité d’halluciner pour l’ensemble des consommateurs. Les auteurs rapportent aussi des symptômes digestifs et une faiblesse générale.
Leur analyse relève des différences dans les petites molécules présentes dans le plasma, appelées métabolites. Elle propose des pistes pour comprendre l’intoxication, mais son petit effectif et l’absence de validation expérimentale des mécanismes limitent les conclusions. Il ne s’agit pas d’un traitement démontré.
L’ADN apporte une autre pièce du dossier
Dans une étude de 2026 publiée dans Mycologia, Colin Domnauer et Bryn Dentinger ont étudié les relations évolutives du genre Lanmaoa. Le résumé scientifique décrit le séquençage du génome entier de 53 spécimens et une comparaison fondée sur 1 515 gènes présents en un seul exemplaire.
Pour L. asiatica, les chercheurs n’ont pas retrouvé les gènes classiques associés à la production de psilocybine ou d’acide iboténique. Ils y voient une piste en faveur d’un composé psychoactif différent. Cela ne signifie pas que cette molécule est déjà isolée, que son action est expliquée ou qu’une dose sûre est connue.
L’étude génétique ne démontre pas non plus que tous les patients voient exactement les mêmes personnages miniatures. Ce type de récit et la fréquence clinique des hallucinations ne sont pas des mesures interchangeables.
Une recherche ne vaut pas conseil de consommation
L’Anses rappelle qu’une récolte douteuse doit être contrôlée par un pharmacien compétent ou une association de mycologie avant consommation. Elle déconseille de consommer des champignons identifiés uniquement par une application. Les recherches sur L. asiatica ne constituent ni un guide d’identification ni une recette pour éviter l’intoxication.






