Dans le Molière d’Ariane Mnouchkine, sorti en 1978, la musique ne se résume pas à un nom de compositeur. Les crédits distinguent une partition originale, ses interprètes et des emprunts à d’autres œuvres. Lire ces références permet de comprendre la fabrication de la bande sonore, sans confondre le film avec le disque qui en rassemble certains morceaux.
Clemencic compose, son ensemble interprète
Les archives du Théâtre du Soleil attribuent l’écriture et la mise en scène à Ariane Mnouchkine, avec Philippe Caubère dans le rôle de Molière. Le générique précise que René Clemencic a signé la musique originale, exécutée par le Clemencic Consort.
La liste des musiciens donne une idée concrète des moyens réunis : Clemencic aux flûtes, Andras Keckes au luth et à la guimbarde, mais aussi violon, vielle, percussion, santur, bombardes, orgue et régal. Le régal est un petit orgue à anches. Ces mentions décrivent les instruments crédités ; elles n’indiquent pas lesquels interviennent dans chaque scène.
Ce travail prolonge un parcours consacré aux musiques anciennes. L’institut de musicologie de la mdw, à Vienne, rappelle que Clemencic, mort en 2022, avait fondé Musica Antiqua en 1958 puis le Clemencic Consort en 1968. Sa présentation des archives documente un musicien à la fois instrumentiste, compositeur et chef.
Une musique originale peut accueillir des emprunts
Le générique musical du film cite aussi des extraits de Jean-Baptiste Lully, Jean-Philippe Rameau, Claudio Monteverdi et Henry Purcell. La mention « musique originale » n’efface donc pas les œuvres préexistantes : elle désigne une contribution au sein d’un ensemble plus large.
Le disque publié par harmonia mundi, référence HMA1951020, offre d’autres repères. Son programme associe notamment Nicomède au Ballet royal de l’Impatience de Lully et identifie La Mort de Molière comme un extrait du King Arthur de Purcell. Le Thème de l’Amour figure également dans cette sélection.
Le disque propose un autre parcours
La fiche du label indique une durée de 51 minutes et une édition datée d’octobre 2000. Cette date concerne la référence discographique présentée, pas la sortie du film de 1978. Les titres des pistes dessinent un itinéraire entre personnages, rencontres, voyages et morts ; ils offrent des points d’entrée pour retrouver une séquence ou découvrir le travail de Clemencic. Le programme du disque ne remplace toutefois pas le générique complet de l’œuvre cinématographique.
Illustration d’archive : René Clemencic, au centre, avec son ensemble à Waidhofen an der Ybbs. Aiueo aeiuo / Wikimedia Commons, CC BY 3.0, recadrée.
La rédaction de LetzView mag






