À Singapour, un prototype de calcul biologique associe des cellules vivantes à de l’électronique. Dans une annonce publiée le 17 août 2026, la faculté de médecine de l’Université nationale de Singapour décrit un ensemble de 20 unités CL1, développé avec DayOne et Cortical Labs. La présentation a eu lieu le 6 août.
Une boucle entre cellules et logiciel
Le principe repose sur des neurones cultivés à partir de cellules souches, reliés à une interface électronique. Le logiciel peut envoyer des stimulations et enregistrer leur activité électrique. Le terme *wetware* désigne ici cette composante biologique du système.
La documentation de Cortical Labs permet de préciser ce que l’utilisateur commande : enregistrement des signaux, stimulation et algorithmes en boucle fermée. Dans une telle boucle, le programme réagit à l’activité détectée puis peut envoyer de nouvelles stimulations. L’électronique et le logiciel restent donc indispensables.
Le fabricant propose aussi un simulateur pour développer du code sans appareil CL1. Une expérience exécutée dans ce simulateur ne doit pas être confondue avec un résultat obtenu sur des cellules vivantes.
Une démonstration de plateforme, pas un classement de performances
Le communiqué de NUS évoque des pistes pour la recherche neurologique et la découverte de médicaments. Il décrit une démonstration d’activité neuronale en temps réel, mais ne fournit pas de comparaison détaillée permettant d’établir une supériorité générale sur les processeurs graphiques utilisés en IA.
L’argument énergétique demande la même prudence. Comparer des puissances électriques sans préciser la tâche, sa durée et la qualité du résultat ne permet pas de mesurer l’efficacité d’un calcul. Les perspectives annoncées par les partenaires constituent des objectifs de recherche, pas des performances universelles déjà établies.
Le domaine pose également des questions sur l’origine des cellules et l’encadrement des expériences. Une revue scientifique publiée en janvier 2024, consacrée aux organoïdes cérébraux et au calcul biologique, examine notamment le consentement et la gouvernance. Ces cultures tridimensionnelles constituent un champ plus large : la revue ne teste pas le prototype singapourien et ne permet pas de lui attribuer une conscience.
*Illustration de microscopie : structures internes de neurones humains, image publiée en 2025. Physicl / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.*
La rédaction de LetzView mag






