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« O Maria ! » : le premier disque qui a posé la signature de Correspondances

Paru en 2010, le premier album de l’ensemble dirigé par Sébastien Daucé rassemble des psaumes et motets de Charpentier autour d’une méthode : repartir des manuscrits et choisir un son commun.

Page autographe de musique de Marc-Antoine Charpentier, avec portées et annotations manuscrites
Source et licence de l’image
Bibliothèque nationale de France / Gallica

Avec O Maria !, l’Ensemble Correspondances ne cherchait pas à dresser un panorama complet de Marc-Antoine Charpentier. Pour son premier enregistrement, paru en 2010, la formation dirigée par Sébastien Daucé a resserré le regard sur des psaumes et motets de petit effectif, issus en grande partie de pièces composées autour des années 1680.

Cette présentation est documentaire : elle s’appuie sur les notices et la discographie disponibles, et non sur une écoute critique intégrale du disque.

Le premier jalon d’un ensemble fondé en 2009

Sébastien Daucé a fondé Correspondances à Lyon en 2009 autour du répertoire français du Grand Siècle. O Maria ! – Psaumes & Motets constitue le premier disque de l’ensemble. La notice de la médiathèque de La Rochelle l’attribue à Marc-Antoine Charpentier, avec Daucé à la direction, et indique une publication chez Zig-Zag Territoires en 2010.

Le support dure un peu plus d’une heure — 1 h 03 min 31 s selon le catalogue — et rassemble dix plages. Le programme va du Prélude pour ce que l’on voudra, H. 521, à plusieurs pages sacrées : In odorem unguentorum, O sacramentum pietatis, Pie Jesu, Super flumina Babylonis ou encore Magdalena lugens. Une sonate en sol mineur d’Élisabeth Jacquet de La Guerre complète cet ensemble centré sur Charpentier.

Une sélection plutôt qu’une anthologie

La discographie officielle de Correspondances présente le disque comme l’aboutissement d’une année de recherches et de travail collectif. Daucé explique avoir parcouru un grand nombre de pièces composées autour de 1680 avant de retenir celles qui lui semblaient former une « essence » de l’art de Charpentier à cette période.

Cette méthode éclaire le titre autant que le contenu. O Maria ! ne désigne pas une seule grande œuvre autour de laquelle s’organiserait l’album : il réunit des pièces courtes, de fonctions et d’effectifs différents, afin de faire apparaître une manière d’écrire. L’ordre associe pages vocales, prélude instrumental et sonate, ce qui donne au programme une progression pensée pour le disque plutôt qu’une reconstitution liturgique.

La plupart des œuvres choisies appartiennent à un corpus conservé dans les Mélanges autographes de Charpentier. Ces volumes manuscrits constituent une source essentielle pour connaître sa musique. L’illustration de cet article montre une autre page autographe du compositeur, conservée à la Bibliothèque nationale de France : elle replace le projet dans ce travail de lecture des sources, sans reproduire la partition de O Maria !.

Ce que la presse spécialisée a alors distingué

Dans une critique publiée lors de la sortie, le site Muse Baroque relève le caractère intimiste des pièces choisies, souvent écrites pour une à trois voix, et insiste sur la fusion des timbres vocaux et instrumentaux. Cette appréciation appartient au critique ; elle ne remplace pas l’écoute personnelle du lecteur.

La même chronique cite notamment les flûtes, l’orgue positif et le clavecin, et met en avant la façon dont le programme passe de pages recueillies à d’autres plus mobiles. Ces éléments correspondent au projet décrit par l’ensemble : faire entendre moins une monumentalité du « Grand Siècle » qu’un travail de couleurs et d’équilibre à petite échelle.

Pourquoi revenir à ce disque aujourd’hui ?

Le recul donne à O Maria ! une place lisible dans le parcours de Correspondances. Depuis ce premier enregistrement, l’ensemble a poursuivi son exploration de Charpentier avec d’autres programmes, tout en élargissant sa discographie à plusieurs compositeurs français et anglais du XVIIe siècle.

Revenir à ce disque permet donc de voir se fixer une méthode : repartir des manuscrits, choisir un périmètre étroit, puis construire un programme qui rende cette musique accessible sans la détacher de ses sources. Pour écouter l’album, la page officielle de l’ensemble renvoie vers un extrait et les principales plateformes.

Crédit image : Bibliothèque nationale de France / Gallica, domaine public.

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