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Arts plastiques

Petit Pierre : sauver un manège, préserver un monde en mouvement

À La Fabuloserie, le manège de Pierre Avezard a été démonté puis remonté avant sa mort. Son histoire éclaire ce que signifie conserver une œuvre mécanique.

Rouages en laiton d’un mécanisme d’horloge.
Source et licence de l’image
Helder Mira / Wikimedia Commons — CC BY 2.0. Photographie d’illustration : ce mécanisme d’horloge n’est pas le manège de Petit Pierre.

Des vaches, des pêcheurs, des véhicules et des personnages suspendus : le manège de Petit Pierre rassemble un monde plutôt qu’une collection d’objets isolés. À La Fabuloserie, dans l’Yonne, sa conservation pose une question très concrète : comment transmettre une œuvre dont le mouvement fait partie du sens ?

Une vie transformée en mécanique

Pierre Avezard, né en 1909 à Vienne-en-Val et mort en 1992, a travaillé comme garçon vacher. Avec des matériaux récupérés, il a progressivement constitué cet ensemble mécanique. La présentation de Puisaye Tourisme y retrouve deux fils de son existence : la vie à la ferme et les voyages avec son frère Léon.

Le livret du Club Petit Pierre, consultable sur le site de la mairie de Fay-aux-Loges, précise comment ces découvertes nourrissent ses constructions. Bruxelles devient une réplique de l’Atomium ; Paris, une tour Eiffel. Ce ne sont pas seulement des monuments reproduits : replacés parmi les scènes rurales, ils font voisiner le quotidien et les horizons rencontrés ailleurs. Cette lecture du manège s’appuie sur les documents, sans prétendre restituer une visite sur place.

Le sauvetage a précédé la disparition du créateur

La chronologie mérite d’être distinguée. Le Club Petit Pierre date la fermeture du manège sur son site d’origine du 25 août 1985. La Fabuloserie indique ensuite son entrée dans la collection en 1987, grâce à une donation de Léon Avezard accompagnée par le critique Laurent Danchin. Il est remonté en 1989 avec Caroline Bourbonnais et des bénévoles. Le livret situe l’inauguration au 26 août de cette année-là, trois ans avant la mort de Pierre Avezard.

Il ne s’agit donc pas d’un hommage organisé seulement après sa disparition. Le démontage et le remontage ont permis de préserver un ensemble menacé. Le musée souligne aussi, dans son texte d’archives de janvier 2015, la charge d’un entretien continu : sauver le manège ne se résume pas à lui trouver une adresse.

Conserver les relations entre les objets

Un mobile détaché peut se regarder comme une sculpture. Au sein du manège, il appartient également à une organisation de mouvements et de scènes. C’est cette différence qui rend le parcours de l’œuvre éclairant : la transmission concerne les pièces, mais aussi leur assemblage et leur fonctionnement. La Fabuloserie, à Dicy, présente cet ensemble dans son jardin habité. Sa documentation permet d’en préparer la découverte ; les conditions de visite sont à vérifier auprès du musée avant un déplacement.

Sources

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