Le 3 octobre 2026, Salima Bouayad Agha a relié Douvres à Sangatte à la nage, à 67 ans, sans palmes ni combinaison. Dans son entretien publié par Afrik.com le 11 octobre, elle revient sur une traversée préparée depuis 2023 au profit de France Parkinson, en mémoire de sa mère.
L’ancienne nageuse de l’équipe nationale algérienne, maître de conférences en économie à l’université du Mans, avait dû patienter après plusieurs reports météo. Elle raconte avoir rencontré davantage de vent et de vagues qu’elle ne l’attendait. Le sens donné au projet, explique-t-elle, l’a aidée à poursuivre lorsque la côte paraissait encore lointaine.
Passer du bassin à la mer
Ce projet ne commence pas par une injonction à battre un record. Dans un témoignage recueilli avant le départ par ÀBLOCK!, Salima Bouayad Agha situe un tournant lors d’un stage de nage en eau libre au Cap d’Agde, en septembre 2023. Habituée aux compétitions et aux repères précis de la piscine, elle y découvre une autre relation à l’effort : en mer, ni la distance parcourue ni la vitesse ne se lisent aussi facilement.
Elle décrit ensuite un apprentissage progressif, avec un coach et des stages, pour aborder des conditions moins familières. Son récit insiste sur l’adaptation à l’âge et l’acceptation de l’aide, plutôt que sur la reproduction de ce qu’elle faisait plus jeune.
Un engagement qui dépasse le chronomètre
Après l’arrivée, elle réaffirme auprès d’Afrik.com son souhait de soutenir la recherche et l’accompagnement des malades et des aidants. Le projet sportif porte aussi cette question : quelle place laisser aux envies et aux projets à mesure que l’on avance en âge ? Sa réponse prend la forme d’un parcours préparé, avec ses attentes et ses ajustements, plutôt que d’une recette à appliquer à tous.
*Photographie d’illustration : les falaises de Douvres en avril 2014.*






