Un agenda rempli ne permet pas de savoir si l’on se sent entouré. À l’inverse, une personne qui apprécie des moments seule ne décrit pas nécessairement une souffrance. Pour parler du lien social avec justesse, il faut laisser une place à ce que les personnes vivent, au-delà du nombre de rendez-vous ou de contacts enregistrés.
Deux notions qu’il faut distinguer
L’OMS décrit l’isolement social comme une insuffisance objective de relations, de rôles et d’interactions. La solitude correspond, elle, à un ressenti pénible lié à l’écart entre les liens que l’on possède et ceux que l’on souhaite ou dont on a besoin.
Dans sa présentation du 30 juin 2025, l’organisation souligne aussi plusieurs dimensions du lien : la structure des relations, le soutien échangé et leur qualité. Cette grille aide à comprendre pourquoi additionner des rencontres ne répond pas toujours au besoin exprimé.
Une activité peut ouvrir une porte, sans être une solution automatique
Un club, une bibliothèque ou une activité de quartier peut offrir un cadre pour rencontrer d’autres personnes. L’OMS cite l’importance d’infrastructures collectives et de groupes locaux parmi les pistes d’action. Cela ne permet pas de promettre qu’une inscription suffira à faire disparaître un sentiment de solitude.
Notre proposition est de regarder les conditions de la première participation : sait-on où aller, comment on sera accueilli, quelle langue est utilisée et s’il faut déjà connaître quelqu’un ? Ces détails peuvent rendre une invitation plus concrète qu’un simple « tu devrais sortir ».
Poser des questions qui laissent une place à la réponse
Pour choisir une activité ou accueillir un nouveau participant, quelques questions sont plus utiles qu’un objectif de sociabilité imposé :
- Quel type de moment la personne aimerait-elle partager ?
- L’organisation, le coût et l’accès sont-ils compatibles avec sa situation ?
- Peut-elle venir essayer sans engagement disproportionné ?
- Son rythme et sa préférence pour un petit ou un grand groupe sont-ils respectés ?
Ces propositions sont des pistes d’accueil, pas un protocole thérapeutique. Elles valent aussi comme rappel pour les organisateurs : expliquer clairement le déroulement peut être aussi important que publier une belle affiche.
Ne pas faire de la solitude une faute personnelle
Le lien social se construit dans un environnement, avec des possibilités et des obstacles. Il ne dépend pas uniquement d’une volonté individuelle de « faire un effort ».
Lorsque le sentiment de solitude fait souffrir ou s’accompagne d’une détresse persistante, en parler à un professionnel de santé peut aider à trouver un soutien adapté. Une activité partagée peut être une ressource ; elle ne remplace pas l’écoute et l’accompagnement dont une personne peut avoir besoin.
Sources
Sources consultées le 1er octobre 2026.






