Pourquoi un médicament destiné à réduire le cholestérol peut-il aussi agir sur le muscle ? Une étude publiée en 2025 apporte une réponse à l’échelle d’une protéine. Elle décrit une cible involontaire de l’atorvastatine, une statine prescrite pour réduire le risque cardiovasculaire.
Une porte qui règle le calcium
Les chercheurs ont étudié RyR1, un canal qui participe à la libération de calcium à l’intérieur des cellules musculaires. Cette circulation du calcium intervient dans la contraction. Leur article dans Nature Communications s’appuie sur la cryomicroscopie électronique pour examiner l’interaction avec l’atorvastatine.
Les structures obtenues montrent une fixation inhabituelle : trois molécules du médicament peuvent se regrouper dans une poche de chaque sous-unité de la protéine. La première prépare le canal à s’ouvrir ; deux autres accompagnent son ouverture. Les expériences ont porté sur une protéine RyR1 de lapin, dans des conditions de laboratoire.
Une piste pour modifier les molécules
L’Université de Colombie-Britannique présentait ces travaux le 26 novembre 2025. Les auteurs envisagent de modifier les parties de la molécule impliquées dans cette interaction, tout en préservant son action recherchée sur le cholestérol.
Cette perspective reste un objectif de recherche. Observer une interaction structurale ne démontre pas qu’un médicament modifié est déjà efficace et sûr chez des patients. L’étude ne permet pas non plus d’attribuer toute douleur musculaire survenant sous statine à ce seul mécanisme.
Ce que cela change pour une personne traitée
Le NHS rappelle que les statines contribuent à prévenir les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux. Tous les patients ne présentent pas d’effets indésirables.
En cas de symptômes que l’on pense liés au traitement, il recommande d’en parler au médecin : celui-ci peut rechercher leur cause et, si nécessaire, adapter la dose ou le médicament. Il faut prendre conseil auprès d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’arrêter une statine. Le résultat de laboratoire nourrit la recherche ; l’évaluation d’une douleur et du traitement reste individuelle.
Photo d’illustration : axventura / Wikimedia Commons, CC BY 4.0, recadrée.






