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Tempête Austen : pourquoi les dernières coupures d’électricité ont duré plusieurs jours

Dans la Sarthe, 100 foyers étaient encore privés de courant le 26 octobre à 18 heures. Réseau moyenne tension, lignes secondaires et groupes électrogènes : pourquoi les dernières pannes prennent du temps.

Isolateurs en verre et câbles électriques sur un poteau, sous un ciel bleu.
Source et licence de l’image
Tirand / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Photographie d’illustration recadrée, hors tempête Austen.

Le courant était revenu dans la plupart des foyers touchés par la tempête Austen lorsque certains habitants de la Sarthe attendaient encore. Le lundi 26 octobre 2026 à 18 heures, 100 foyers du département restaient sans électricité, selon un bilan d’Enedis relayé par RCA. Pourquoi les dernières réparations prennent-elles parfois beaucoup plus de temps que les premières ?

Dans un hameau, près de trois jours sans courant

Au hameau de La Chaussée, dans la commune de Val de la Hune, au sud-est du Mans, une trentaine de logements auraient été privés d'électricité du vendredi 23 au dimanche 25 octobre. Le reportage publié par ICI Maine évoque une panne d'environ 60 heures, suivie d'un retour provisoire de l'alimentation grâce à un groupe électrogène.

Ce récit de terrain met en lumière plusieurs conséquences qui ne sont pas comptabilisées dans les seuls relevés de clients privés de courant : difficulté à conserver les aliments, absence d'eau chaude, communications perturbées lorsque des équipements télécoms sont également affectés. Les témoignages du reportage n'ont pas pu être corroborés individuellement par la rédaction de LETZVIEW ; ils sont donc attribués au média qui les a recueillis.

Un groupe électrogène peut permettre de réalimenter temporairement quelques habitations sans que le réseau endommagé ait été définitivement réparé. Il faut cependant assurer sa mise en service, son approvisionnement en carburant et sa surveillance. La présence d'un groupe n'est donc pas la preuve d'un retour durable à la normale.

Des centaines de milliers de coupures au pic de la tempête

La panne locale s'inscrit dans un épisode qui a touché une large partie du nord-ouest français le vendredi 23 octobre. Dans une dépêche publiée le jour même, l'AFP relayée par TV5MONDE rapporte 242 000 foyers encore privés d'électricité à 18 heures dans plusieurs régions, dont 28 200 dans les Pays de la Loire.

Les chiffres de plusieurs jours ne doivent pas être confondus. Ils décrivent l'état d'un réseau à un moment donné et non le nombre total de logements qui ont subi une coupure depuis le début de la tempête. Certains foyers sont réalimentés pendant que des interventions révèlent d'autres dommages localisés.

Dans son communiqué du 23 octobre, Enedis annonçait la mobilisation de 2 000 salariés et 600 salariés d'entreprises prestataires. Le gestionnaire indiquait que les dégâts et les accès difficiles imposaient de travailler tout en préservant la sécurité des équipes.

Pourquoi les derniers foyers attendent plus longtemps

Un réseau électrique n'est pas un ensemble de câbles indépendants qui desservent chacun un logement. Il comporte plusieurs niveaux. Réparer une ligne de moyenne tension peut permettre de réalimenter beaucoup de clients à la fois ; dépanner un branchement ou une ligne de proximité peut ne concerner que quelques habitations.

Cette logique explique pourquoi le pourcentage de clients réalimentés peut progresser très vite au départ, puis ralentir lorsque les dommages restants se situent sur des lignes secondaires ou dans des zones difficiles d'accès. Dans son point du 26 octobre à 18 heures, RCA, citant Enedis, indique que le gestionnaire a d'abord privilégié la moyenne tension afin de rétablir l'électricité pour le plus grand nombre et pour des équipements essentiels.

Les chutes d'arbres ajoutent une autre difficulté : avant de remettre un câble sous tension, il peut être nécessaire de dégager un accès, de retirer des branches et de vérifier qu'aucune installation endommagée ne reste dangereuse. La fin des rafales ne signifie donc pas la fin des opérations de sécurité.

Le 26 octobre au soir, 350 foyers encore touchés dans les Pays de la Loire

Les chiffres régionaux donnent la mesure des derniers travaux. RCA publie un bilan établi par Enedis le lundi 26 octobre à 18 heures : 350 clients encore sans courant dans les Pays de la Loire, dont 250 en Loire-Atlantique et 100 dans la Sarthe. La même publication évoque jusqu'à 49 600 clients touchés dans la région au plus fort de l'épisode.

Ces données montrent une nette amélioration d'ensemble. Elles ne disent pas pour autant à quelle heure précise chaque logement sera raccordé, ni si une réalimentation provisoire pourra être remplacée immédiatement par une réparation définitive. Un bilan régional très favorable peut ainsi coexister avec une situation difficile pour un petit nombre de foyers.

Quelles informations vérifier après une coupure ?

Lorsqu'une panne se prolonge, il faut distinguer l'état du réseau de distribution de celui des installations privées. Enedis met à disposition un suivi des coupures par commune et rappelle que tout câble tombé au sol, poteau endommagé ou objet en contact avec une ligne doit être considéré comme dangereux. Il ne faut jamais toucher un fil à terre ni tenter de dégager soi-même un arbre pris dans une ligne.

Pour signaler une situation dangereuse, le gestionnaire indique le 09 726 750, suivi des deux chiffres du département. Pour la Sarthe, il s'agit donc du 09 726 750 72. En cas de danger immédiat pour les personnes, les services de secours restent prioritaires.

L'épisode Austen illustre finalement deux réalités à la fois : la capacité de rétablir rapidement un grand réseau et la vulnérabilité persistante de ses dernières ramifications. Derrière un taux de rétablissement élevé, il reste parfois des habitants qui, plusieurs jours après la tempête, attendent encore une alimentation stable.

Sources

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