Partager rapidement une information scientifique ne répond pas, à lui seul, à la question de savoir qui pourra bénéficier du produit développé grâce à elle. C’est le problème au cœur d’une négociation encore ouverte autour de l’accord de l’OMS sur les pandémies. Lors de la réunion de haut niveau de l’ONU du 25 septembre, les dirigeants ont renouvelé leur engagement à mieux préparer les réponses futures. Mais plusieurs étapes séparent encore cette ambition de son application.
Une annexe au rôle central
Le dispositif en discussion porte le sigle PABS, pour l’accès aux agents pathogènes et le partage des avantages. Selon l’OMS, il vise à articuler la transmission rapide des agents présentant un potentiel pandémique avec un partage équitable des bénéfices qui résultent de leur utilisation, notamment les vaccins, médicaments et outils diagnostiques.
Le communiqué du 25 septembre situe l’adoption nécessaire de cette annexe à l’Assemblée mondiale de la santé de mai 2027, avant l’examen national des ratifications. Il décrit donc une étape à accomplir, pas une décision déjà prise. La réunion politique et la négociation du mécanisme opérationnel doivent être lues séparément.
Adopté ne veut pas dire entré en vigueur
L’accord principal a été adopté le 20 mai 2025. La page de présentation de l’OMS précise que le texte complet pourra être signé et ratifié après l’adoption de l’annexe. Son entrée en vigueur interviendra trente jours après la soixantième ratification. Ce calendrier dépend de décisions à venir ; ce n’est pas une date fixe annoncée à chaque pays.
L’OMS précise également que l’accord ne lui confère pas le pouvoir d’imposer un confinement ou une obligation vaccinale à un pays. Sa mise en œuvre repose sur les États parties, selon leurs processus nationaux. Cela ne retire rien à l’enjeu de coopération ; cela en précise le cadre.
Comment juger les progrès sans attendre la prochaine crise ?
Notre grille de lecture consiste à distinguer les engagements, les règles et les capacités concrètes. Un engagement indique une intention. Une règle doit préciser les responsabilités. Une capacité doit pouvoir fonctionner lorsqu’elle devient nécessaire. Confondre ces trois niveaux ferait paraître accompli ce qui reste parfois à construire.
Le partage des bénéfices invite ainsi à suivre des questions très concrètes : les modalités sont-elles arrêtées, les partenaires savent-ils ce qui est attendu et les dispositions annoncées trouvent-elles une traduction opérationnelle ? Les sources consultées ne permettent pas encore d’apporter une réponse définitive pour le futur système PABS.
Pour le lecteur, le prochain jalon utile sera donc le contenu de l’annexe et son parcours d’adoption. Une déclaration de soutien compte dans la vie diplomatique ; elle ne remplace pas l’examen des dispositions qui organiseront effectivement la coopération.
Sources
- OMS : réunion de haut niveau du 25 septembre 2026.
- OMS : accord sur les pandémies, principes et mise en œuvre.
Sources consultées le 1er octobre 2026.






