À Hébron, en Cisjordanie occupée, quitter son logement et rester enfermé chez soi sont deux conséquences d’une même opération militaire. Les distinguer est indispensable pour lire les bilans qui circulent. Le 28 octobre 2026, les informations disponibles décrivent toujours des quartiers bouclés, au sixième jour de l’opération déclenchée après l’attaque qui a tué deux soldats israéliens.
Des bilans datés, des situations différentes
Dans son point du 27 octobre, l’ONU indique que ses partenaires humanitaires soutiennent les autorités locales pour répondre aux besoins de plus de 3 000 personnes évacuées par les forces israéliennes depuis le vendredi 23 octobre. Elle rapporte également des destructions de logements et de commerces ainsi que de fortes restrictions de déplacement.
Le lendemain, The Times of Israel rapporte, en citant une déclaration municipale relayée par l’agence palestinienne WAFA, qu’environ 780 familles, soit près de 5 000 personnes, ont été évacuées ou restent bloquées dans leur logement. Ce total de personnes touchées ne peut donc pas être présenté comme un décompte homogène de nouveaux déplacés, ni additionné au bilan onusien.
L’enjeu dépasse le nombre de départs : les familles qui restent sous les restrictions peuvent aussi être privées d’accès aux services essentiels. Un départ autorisé ne dit pas davantage quand le retour sera possible.
L’armée invoque une opération de sécurité
Dans son communiqué daté du 27 octobre, l’armée israélienne relie l’opération à l’attaque du 23 octobre et affirme rechercher des suspects, des armes et des infrastructures utilisées pour préparer des attaques. Elle présente ses recherches comme ciblées et indique que les habitants peuvent sortir par trois points de passage, après contrôle.
Cette description est celle de l’armée, partie au conflit. Le 28 octobre, The Times of Israel rapporte qu’elle confirme la poursuite de l’opération. Ces déclarations ne permettent pas d’établir que chaque famille déplacée serait liée aux assaillants.
L’ONU demande le retour des habitants
Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, dénonce des mesures qu’il juge punitives et disproportionnées. Dans le point onusien du 27 octobre, il demande que les personnes déplacées puissent rentrer et alerte sur les risques de nettoyage ethnique. Il s’agit d’une alerte du responsable onusien, pas d’un jugement rendu par un tribunal.
Les élections israéliennes ont eu lieu le 27 octobre. Pour les habitants concernés, la question immédiate reste celle de l’accès à leur domicile et aux services, sans calendrier de retour établi par les sources consultées.
Illustration d’archive, Hébron, septembre 2015 : بدارين / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, recadrée.
La rédaction de LetzView mag






