Un croissant de cuivre au sommet d’un minaret : le geste paraît minuscule à l’échelle d’une ville. À Mossoul, il raconte pourtant une part essentielle de la reconstruction. Derrière le retour des silhouettes familières, des savoir-faire locaux ont retrouvé une place dans le chantier.
Un artisan derrière le symbole
Dans un reportage publié le 9 décembre 2024, le média irakien 964media décrit la fabrication du croissant destiné au minaret Al-Hadba. Le chaudronnier Nour Al-Din Abbas a travaillé 35 kilogrammes de cuivre. Selon son témoignage au média, il n’a demandé que le remboursement du matériau, offrant son travail à la restauration du monument.
Ce récit donne un visage à une opération souvent racontée à travers ses financements. Il montre aussi que plusieurs calendriers coexistent : le même reportage évoquait encore des finitions, l’éclairage et l’aménagement des abords. Poser la dernière pièce d’un minaret ne signifie pas que tous les travaux alentour sont achevés.
Des résultats à lire à la bonne échelle
L’UNESCO situe l’achèvement de la reconstruction du minaret à la fin de 2024, et celui des travaux sur les sites emblématiques en 2025. Lancée en 2018, son initiative associe patrimoine, formation et éducation.
Son bilan mentionne 124 maisons historiques réhabilitées dans la vieille ville et plus de 7 700 emplois locaux créés. Il fait également état de 404 salles de classe rénovées dans la province de Ninive, dont 109 à Mossoul. La précision compte : un résultat provincial ne doit pas devenir, au fil des résumés, un chiffre attribué à la seule ville.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ces réalisations documentent un programme précis. Elles ne constituent ni un recensement de tous les logements reconstruits, ni une mesure du retour de chaque famille. Pour comprendre la renaissance de Mossoul, il faut donc tenir ensemble deux lectures : celle des monuments rendus à la ville et celle des conditions permettant d’y vivre.
Le travail d’un artisan ne règle pas à lui seul cette seconde question. Il rappelle néanmoins que restaurer un patrimoine peut aussi mobiliser des compétences, transmettre des gestes et rendre aux habitants une place dans l’histoire du chantier.






