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Batteries : combien de temps sur le réseau ?

Les nouvelles capacités de batteries déployées ont augmenté de 40 % en 2025 selon l’AIE. Puissance, durée et usage permettent de comprendre ces installations.

Installation de stockage par batteries à Theiss, en Autriche, archive 2024
Source et licence de l’image
Bp 95 / Wikimedia Commons — CC BY 4.0. Theiss, Autriche, 31 juillet 2024 ; archive illustrative, réduction et recadrage. Cette installation ne fait pas partie de Ringo.

Le stockage par batterie change d’échelle. Dans son Global Energy Review 2026, l’Agence internationale de l’énergie comptabilise 108 gigawatts de nouvelles capacités déployées dans le monde en 2025, soit 40 % de plus qu’en 2024. Environ quatre cinquièmes de ces installations relèvent de grands systèmes ; le reste équipe des consommateurs résidentiels et professionnels.

Mais une puissance annoncée en mégawatts ne dit pas combien de temps une batterie peut fournir de l’électricité. Cette seconde information devient décisive lorsqu’il s’agit de déplacer une production solaire vers la soirée ou de soulager une ligne momentanément saturée.

Deux chiffres à lire ensemble

Le mégawatt, ou MW, décrit une puissance. Le mégawattheure, ou MWh, mesure une quantité d’énergie. Pour un stockage, les deux doivent donc être rapprochés : le débit disponible d’un côté, la réserve de l’autre.

Dans une explication pédagogique publiée en 2019, le département américain de l’Énergie prend l’exemple d’un système de 60 MW disposant de 240 MWh. Le rapport entre ces deux valeurs correspond à quatre heures à pleine puissance. À 30 MW, la même quantité d’énergie représente huit heures. Ce calcul explique une caractéristique technique ; il ne constitue pas une garantie d’autonomie pour n’importe quelle installation ou n’importe quel usage.

Une annonce limitée à « 240 MWh » laisse ainsi une question ouverte : à quelle puissance cette réserve peut-elle être restituée ? Inversement, afficher seulement « 60 MW » ne renseigne pas sur la durée pendant laquelle cette puissance peut être maintenue. Les comparaisons entre projets gagnent à conserver les deux unités.

Garder du solaire pour plus tard

L’intérêt du stockage tient au décalage entre production et consommation. Des panneaux peuvent produire lorsque la demande est faible, puis beaucoup moins au moment où les usages augmentent. Charger une batterie et la décharger plus tard permet de déplacer une partie de cette énergie dans le temps.

Cette opération comporte des pertes : convertir puis restituer l’énergie n’a jamais un rendement de 100 %, rappelle le département américain de l’Énergie. Une batterie ne crée donc pas une production supplémentaire. Elle rend une énergie déjà produite disponible à un autre moment. Le stockage peut aussi atténuer une variation brève, par exemple lors du passage d’un nuage devant une installation solaire.

Selon l’AIE, beaucoup de nouveaux projets restent proches de deux heures de stockage, mais les systèmes de quatre heures ou davantage se multiplient. La durée distingue ainsi des services différents derrière une même famille de technologies.

Soulager une ligne, pas seulement attendre le soir

Le programme français Ringo montre une autre fonction possible. RTE l’a conçu pour absorber localement un surplus renouvelable lorsque le réseau ne peut pas l’acheminer. Des automates commandent la charge puis la décharge selon l’état des lignes.

Le dispositif expérimental associe Bellac, Ventavon et Vingeanne. Son principe prévoit que la charge sur certains sites soit compensée par une décharge équivalente ailleurs, afin de préserver l’équilibre national entre offre et demande. Il répond donc à une contrainte géographique autant qu’à une question d’horaire.

Cette logique rappelle pourquoi une batterie et une ligne électrique ne sont pas interchangeables. Le stockage peut aider à mieux utiliser le réseau existant face à une saturation ponctuelle ; il ne supprime pas tous les besoins de transport. Pour comprendre un projet, trois indications comptent ensemble : sa puissance, sa réserve d’énergie et le problème précis auquel il doit répondre.

Sources

Sources consultées le 20 octobre 2026.

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