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Canal carpien : une injection saline encourageante, mais pas une chirurgie évitée

Un essai randomisé de 39 personnes, portant sur 63 poignets, suggère un bénéfice de l’hydrodissection du nerf médian sur six mois. Les limites de l’étude restent importantes.

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Une main portant une attelle noire qui maintient le poignet.
Source et licence de l’image
SPUI / Wikimedia Commons, domaine public.

Une injection de sérum physiologique autour du nerf médian a apporté un soulagement prolongé dans un petit essai sur le syndrome du canal carpien. Publiée en octobre 2026 dans *Radiology*, l’étude pose une question précise : quelle part du bénéfice vient du geste réalisé autour du nerf, plutôt que du corticoïde injecté ?

Elle ne compare pas cette technique à une opération. Ses résultats ne permettent donc pas de promettre qu’elle évite la chirurgie.

Séparer les tissus autour du nerf

L’hydrodissection consiste à injecter un liquide autour du nerf sous guidage échographique pour le séparer des tissus environnants. La Radiological Society of North America, qui présente les travaux le 6 octobre, explique que le geste est souvent associé à un médicament.

L’essai cherche à distinguer ces deux composantes. Un groupe reçoit du sérum physiologique avec hydrodissection, un autre un corticoïde seul, et le troisième une hydrodissection associant sérum et corticoïde. Il ne s’agit pas de montrer que l’eau salée régénère le nerf : le mécanisme étudié est celui du geste autour de celui-ci.

39 personnes, 63 poignets et six mois de suivi

Le résumé de l’article scientifique dans PubMed précise les effectifs : 39 personnes, représentant 63 poignets. Certains participants avaient les deux poignets atteints. Il ne s’agit donc pas de 63 personnes indépendantes.

L’essai a été mené dans un seul centre, de mai 2019 à novembre 2020. Sa publication en 2026 ne signifie pas que les patients ont été suivis jusqu’à cette date. Les évaluations ont eu lieu à 4, 12 et 24 semaines.

Les participants présentaient des symptômes persistants malgré des traitements conservateurs. Les résultats concernent cette population sélectionnée, et ne se transposent pas automatiquement à toutes les douleurs de la main.

Un bénéfice qui se maintient dans les groupes avec hydrodissection

Les trois groupes s’améliorent d’abord. À la fin du suivi, l’amélioration des symptômes et des scores de douleur persiste dans les deux groupes avec hydrodissection. Le groupe traité par corticoïde seul montre une réapparition des symptômes.

Dans cet échantillon, l’ajout d’un corticoïde au geste ne procure pas de bénéfice supplémentaire significatif. Le communiqué de la RSNA rapporte aussi l’absence de complication majeure observée pendant le suivi. Un petit essai sans événement majeur ne démontre cependant pas qu’une technique est dépourvue de risque.

Pourquoi la chirurgie reste une autre question

Soulager des symptômes pendant six mois et éviter une intervention pendant plusieurs années ne sont pas le même résultat. Pour répondre à la seconde question, il faudrait mesurer les opérations effectivement réalisées et suivre davantage de patients plus longtemps.

Les auteurs demandent des études plus vastes, menées dans plusieurs centres. Le résultat actuel soutient une piste clinique ; il ne donne ni une garantie de guérison ni une recommandation universelle.

Les traitements se choisissent avec un professionnel

Le NHS britannique décrit le canal carpien comme une compression du nerf au poignet, pouvant provoquer fourmillements, engourdissements, douleur ou difficulté à saisir. Les troubles sont souvent plus marqués la nuit.

Selon la situation, la prise en charge peut comprendre une attelle nocturne ou une injection de corticoïde. Les symptômes peuvent réapparaître après une injection. Lorsque les troubles s’aggravent et que les autres traitements ne suffisent pas, une chirurgie peut être discutée avec un spécialiste.

Le NHS recommande un avis médical si les symptômes persistent ou empirent. L’intérêt de la nouvelle étude est d’examiner une option supplémentaire, pas de permettre de choisir seul une injection ou d’abandonner un traitement prévu.

Sources

Photo : SPUI / Wikimedia Commons, domaine public.

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