Sous l’eau, on pourrait prendre leurs silhouettes pour de petites cloches de verre. La grande claveline, *Clavelina lepadiformis*, est pourtant un animal : une ascidie coloniale dont la transparence laisse voir une partie de l’anatomie. Son intérêt ne tient pas seulement à son apparence. Elle permet d’observer une façon de vivre fixée au support, en faisant circuler l’eau à travers le corps.
Un bouquet composé de plusieurs animaux
Chaque élément du bouquet est un individu, appelé zoïde. Les zoïdes sont reliés à leur base par des stolons. La fiche DORIS de la FFESSM décrit des anneaux et des lignes blancs qui aident à reconnaître l’espèce. Deux ouvertures, les siphons, servent respectivement à l’entrée et à la sortie de l’eau.
Cette circulation accompagne son alimentation : la claveline filtre des particules organiques et du plancton. Elle ne chasse donc pas en se déplaçant. Pour comprendre le bouquet, il faut regarder chaque petit corps comme un animal qui s’alimente, plutôt que comme le pétale d’une plante.
La ressemblance ne suffit toutefois pas à identifier une espèce. DORIS signale notamment des confusions possibles avec d’autres clavelines et avec *Diazona violacea*.
Pas besoin de descendre dans les abysses
Le réseau scientifique MarLIN décrit une ascidie des petits fonds, présente notamment sur des parois rocheuses et des supports artificiels, jusqu’à environ 50 mètres de profondeur. Les eaux côtières lui offrent donc déjà des habitats ; l’image d’une créature des grands fonds serait trompeuse.
L’espèce ne se limite pas à la Méditerranée : DORIS la situe aussi dans l’Atlantique nord-est et la Manche. La photographie qui accompagne cet article montre justement une colonie sur une épave dans la Manche.
Une vie qui change selon le milieu
Le développement d’une colonie associe reproduction sexuée et multiplication par bourgeonnement. Mais lui attribuer partout le même calendrier serait réducteur. MarLIN rapporte des différences entre populations méditerranéennes portuaires et populations du littoral rocheux ouvert, notamment dans la période de reproduction et le repos saisonnier.
Ces variations invitent à distinguer une observation d’une conclusion générale : voir un bouquet à un endroit ne suffit pas à décrire l’état de toute l’espèce, ni la qualité globale de l’eau. La transparence rend certains détails visibles ; elle ne dispense pas de replacer l’animal dans son habitat.






