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Au CNCS, la seconde vie des costumes se joue aussi à plat

À Moulins, l’exposition des vingt ans du CNCS ouvre les coulisses des collections. Pourquoi un vêtement fait pour bouger devient-il un objet que l’on protège de son propre poids ?

Façade du Centre national du costume et de la scène, derrière son portail à Moulins
Source et licence de l’image
Mohatatou, retouche Robin Chubret / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Recadrage horizontal sous la même licence. Vue extérieure de décembre 2015, pas une photographie de l’exposition 2026.

Une fois entré dans les collections du Centre national du costume et de la scène, un costume n’est plus porté sur scène. Le musée de Moulins lui donne un statut patrimonial : il devient une trace du spectacle, destinée à être conservée et présentée. Ce changement d’usage est au cœur de « Tous en scène ! », l’exposition anniversaire annoncée jusqu’au 3 janvier 2027.

Le cintre n’est pas la solution pour toutes les pièces

Le CNCS décrit une conservation décidée costume par costume. Les pièces capables de supporter la suspension reposent sur des cintres rembourrés adaptés à leurs dimensions. Celles qui sont trop fragiles ou trop lourdes sont installées à plat dans des tiroirs, avec des matériaux de protection neutres. Chapeaux et coiffes disposent de supports épousant leurs volumes ; certains textiles longs sont placés sur rouleaux.

Le rangement répond donc à une question matérielle avant d’être une question de place : comment soutenir l’objet sans lui imposer une contrainte qu’il ne peut plus supporter ? La silhouette visible sur scène ne dicte pas nécessairement la position retenue dans les réserves.

Conserver le vêtement, garder son identité

Avant leur entrée en réserve, les nouvelles acquisitions passent par une quarantaine puis par un traitement sans oxygène, l’anoxie, conduit par un restaurateur spécialisé. Le musée indique que cette étape dure plusieurs semaines et vise à prévenir les infestations. Ce protocole professionnel n’est pas une recette de nettoyage à reproduire chez soi.

Un autre geste, moins spectaculaire, assure l’identification : le numéro d’inventaire est inscrit sur un ruban de coton ensuite cousu au costume. L’objet conserve ainsi un repère physique qui le rattache à sa documentation.

Ces collections réunissent des apports d’institutions comme l’Opéra national de Paris, la Comédie-Française et la Bibliothèque nationale de France, mais aussi d’artistes et de compagnies. Leur intérêt dépasse le nom d’un interprète : elles documentent également la conception des costumiers et le travail des ateliers. Les pièces peuvent être montrées dans les expositions du CNCS ou prêtées en France et à l’étranger, selon les procédures du musée.

L’anniversaire donne à voir ce travail discret

Ouverte le 25 avril 2026, « Tous en scène ! » rassemble, selon le CNCS, plus de cent pièces. Le parcours présente notamment leur passage de la scène aux réserves et leur intégration aux collections. Des dispositifs numériques sont confiés à l’artiste Pierre Giner et un parcours s’adresse au jeune public.

Pour le visiteur, cette entrée par les métiers déplace l’attention : au-delà de la robe ou de la coiffe, regarder ce qui permet encore de les exposer. Notre présentation s’appuie sur la documentation du musée, sans compte rendu de visite. L’exposition se tient à Moulins, dans l’Allier ; les horaires et conditions d’entrée sont à consulter auprès du CNCS avant le déplacement.

Sources

Sources consultées le 20 octobre 2026.

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