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Éthiopie : au Tigray, la paix reste un chantier politique

Le contrôle militaire d’une ville et l’application d’un accord de paix sont deux étapes distinctes.

Vue sur Mekelle, dans la région du Tigray en Éthiopie, le 18 janvier 2014. Photographie d’archive.
Source et licence de l’image
Archive, 2014 : Ji-Elle / Wikimedia Commons — [CC BY-SA 3.0](https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/), recadrée.

Le contrôle de Mekelle a changé au début d’octobre. Les appels opposés au désarmement et à la résistance montrent cependant que la suite du conflit ne se résume pas à la prise de sa capitale régionale.

Pretoria, un engagement à remettre en œuvre

Dans son communiqué du 23 septembre, la Commission de l’Union africaine rappelle l’accord de Pretoria du 2 novembre 2022, signé entre le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF).

Elle juge la prise des aéroports de Mekelle, Axum et Shire contraire à ses engagements et réclame des pourparlers directs. Cette demande ne constate pas une cessation effective des combats.

Une capitale reprise, des objectifs encore annoncés

Reuters rapportait le 4 octobre le passage de Mekelle sous le contrôle des forces gouvernementales et de leurs alliés, après le retrait reconnu par le TPLF. Une source humanitaire et un habitant confirmaient ce changement à l’agence.

Le 23 octobre, Associated Press décrivait pourtant deux appels opposés : l’administration soutenue par le pouvoir fédéral demandait le désarmement, tandis qu’un commandant tigréen appelait à poursuivre la résistance. L’administration provisoire, prévue pour six mois, annonçait le rétablissement des services, l’aide aux déplacés et la préparation d’élections. Ces engagements ne constituent pas un bilan de réalisations.

Les accusations régionales demandent une attribution

Dans sa dépêche du 4 octobre, Reuters indiquait qu’Addis-Abeba accusait l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte d’aider l’alliance rebelle. Les trois pays démentaient. Ces accusations et démentis ne permettent pas d’établir, à eux seuls, la réalité d’un soutien militaire.

L’Union africaine demandait aux voisins de soutenir la désescalade. Reprise du dialogue et respect des engagements restent donc des actes à vérifier, au-delà du contrôle d’une ville.

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