Un chiffre national peut donner l’impression que toutes les usines avancent dans la même direction. Le Conjoncture Flash de septembre invite à une lecture plus précise. La production industrielle luxembourgeoise recule d’environ 5 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025, mais onze des dix-huit catégories observées progressent.
Le poids des activités métalliques
Le STATEC relève notamment une baisse de 24 % dans la fabrication de produits métalliques et de 13 % dans la sidérurgie. La production de biens d’équipement diminue également, dans une série historiquement volatile. Ces mouvements pèsent lourdement sur le résultat d’ensemble.
À l’inverse, certaines productions de verre, de produits réfractaires et de céramiques, le matériel de transport et les industries extractives contribuent positivement. L’ampleur d’une baisse dans quelques secteurs peut ainsi dépasser les progrès enregistrés ailleurs.
La comparaison européenne a un périmètre précis
Sur la même période, l’indicateur de zone euro retenu dans la publication progresse de 0,4 %. Le STATEC exclut l’Irlande de cette comparaison, en raison de particularités liées aux activités des multinationales. Cette précision méthodologique est nécessaire : citer le chiffre comme celui de toute la zone euro sans réserve changerait son périmètre.
La confiance des industriels s’améliore depuis son point bas de janvier, mais cette évolution des opinions ne s’est pas encore traduite par une reprise comparable de la production. Un carnet de commandes mieux perçu et un volume effectivement produit sont deux indicateurs différents.
L’emploi réagit autrement
La publication décrit un recul des effectifs depuis le début de 2023, particulièrement dans l’industrie manufacturière. Elle souligne toutefois une relative stabilisation récente. Production et emploi ne se déplacent pas mécaniquement à la même vitesse : les séries doivent être lues séparément avant de chercher à les expliquer ensemble.
Pour le Luxembourg, le suivi des prochains mois devra donc combiner volumes, commandes et effectifs. La question n’est pas seulement de savoir si le total remonte, mais quelles activités portent ce mouvement et s’il se prolonge. Le bilan actuel décrit une industrie hétérogène, dont les difficultés les plus fortes se concentrent dans des branches importantes du tissu productif.
Sources
Sources consultées le 1er octobre 2026.






