Un effet de cinéma peut modifier la lumière avant même que la caméra enregistre. La fumée fait partie de ces matières de plateau. Jean-François Lemaire travaille dans cet univers des effets physiques : France Télévisions lui consacrait un portrait en avril 2026, rappelant notamment ses trucages pour Les Ripoux, de Claude Zidi.
Une matière qui change ce que l’on voit
Dans son mémoire sur la brume, le brouillard et la fumée, conservé par l’ENS Louis-Lumière, Camille Aubriot décrit une rencontre avec Lemaire chez Pyrofolies. Il lui présente des machines et lui prête du matériel pour la partie pratique de sa recherche.
Les essais menés ensuite par l’autrice montrent un enjeu de mise en scène : dans son décor de bar, la fumée rend visibles les faisceaux provenant d’un vitrail. Elle ne fait donc pas seulement croire à une atmosphère enfumée ; elle participe à la manière dont l’espace apparaît dans l’image.
Retrouver une atmosphère d’une prise à l’autre
Camille Aubriot souligne aussi une difficulté : maintenir une densité stable et homogène. Pour comparer des éclairages ou des filtres, il faut éviter qu’une variation de fumée brouille les résultats. Ses essais distinguent des machines produisant un panache épais d’autres donnant une brume plus légère.
Le catalogue de Pyrofolies distingue lui aussi plusieurs familles : fumée basse, brouillard, fumée épaisse, ainsi que des décors de neige. Cette diversité donne une idée du choix à effectuer avant le tournage. Le spectacle visible à l’écran repose aussi sur ce travail de préparation, à la rencontre des effets physiques et de la photographie.
Photographie d’illustration : petite machine à fumée, différente des modèles professionnels cités dans le mémoire. Tobias R. – Metoc, CC BY-SA 2.5, image recadrée.






