Un marché peut progresser sans que tous ses acteurs voient leur situation s’améliorer. C’est la première précaution à garder en lisant un chiffre mondial sur l’art : il additionne des transactions très différentes, et ne constitue pas le portrait d’une galerie ou d’un artiste en particulier.
Un rapport de 2026 sur les ventes de 2025
Le rapport Art Basel et UBS 2026, réalisé par Clare McAndrew d’Arts Economics, estime les ventes mondiales de 2025 à 59,6 milliards de dollars, en hausse de 4 % sur un an. Le marché reste sous son sommet de 2022.
La présentation d’Art Basel indique une hausse de 6 % pour l’ensemble des ventes publiques et privées des maisons de ventes, à 24,8 milliards de dollars. Le secteur des marchands progresse de 2 %, à 34,8 milliards. Les ventes publiques aux enchères augmentent de 9 %, tandis que les ventes privées des maisons reculent de 5 %.
Cette distinction évite de confondre toutes les activités d’une maison de ventes avec ses seules adjudications publiques. Les montants sont des estimations sectorielles, pas une mesure de la valeur de toute la création artistique.
Trois questions avant de commenter une hausse
Notre grille de lecture commence par la période : parle-t-on de l’année de publication ou de celle des transactions ? Vient ensuite le périmètre : monde, pays, secteur ou opérateur ? Enfin, que mesure le chiffre : une valeur totale, un nombre de ventes ou une variation de prix ?
| Le chiffre présenté | Ce qu’il ne permet pas de conclure seul |
|---|---|
| Valeur globale des ventes | Que chaque œuvre a pris de la valeur |
| Résultat d’un secteur | Que tous ses acteurs progressent |
| Estimation mondiale | Que le Luxembourg suit la même évolution |
Ces questions ne contestent pas l’intérêt du rapport. Elles permettent de lui demander ce qu’il mesure réellement, sans lui faire répondre à une autre question.
Une information de marché, pas une promesse
Pour un lecteur qui découvre l’art, la donnée économique peut éclairer un contexte. Elle ne remplace ni l’étude d’une œuvre ni la compréhension de ses conditions de vente et de conservation. Elle ne prédit pas son éventuelle revente.
Au Luxembourg, il serait donc abusif de transformer cette progression mondiale en annonce de hausse générale des prix locaux. Le rapport cité n’établit pas cette conclusion. L’intérêt de ces chiffres tient aussi à leurs contrastes : ils invitent à regarder les segments séparément, plutôt qu’à résumer toute l’année par le mot « reprise ».
Sources
- Art Basel : présentation du rapport Art Basel et UBS 2026, par Clare McAndrew, Arts Economics.
- Photographie : Dietmar Rabich.
- Licence du visuel.
Sources consultées le 1er octobre 2026.






