Le 23 juillet 2026, Associated Press a actualisé ses règles sur l’intelligence artificielle dans la rédaction. L’agence autorise notamment certaines aides à la recherche, à la transcription ou à la proposition de titres. Elle maintient une responsabilité humaine pour la vérification et la publication. Cette position pose une question très concrète au lecteur : quand une erreur subsiste, comment doit-elle être corrigée ?
Une erreur doit rester identifiable
Les règles générales d’AP demandent de signaler les erreurs dès que possible et de rendre la correction visible pour le public. Elles distinguent cette information destinée au lecteur des alertes adressées aux médias abonnés. Rectifier un chiffre dans une dépêche ne suffit donc pas à informer la personne qui a déjà lu sa première version.
L’agence exige aussi de nommer une correction comme telle. Une erreur factuelle ne doit pas être présentée comme une simple retouche ou une clarification. Le choix du mot compte : il permet de comprendre que l’information précédente était erronée, plutôt que seulement moins détaillée.
Prenons un exemple fictif : un article attribue une décision au mauvais organisme. Ajouter ensuite le nom correct modifie le texte ; expliquer que l’attribution initiale était fausse permet au lecteur de rectifier lui aussi ce qu’il avait retenu. Ce sont deux opérations différentes.
La légende fait partie de l’information
Chez Reuters, les principes publiés placent l’exactitude avant la rapidité et demandent des corrections rapides, claires et complètes. Cette exigence concerne les articles, mais aussi les légendes, les graphiques et les scripts. Une photographie peut être authentique et son identification erronée : le problème n’est alors pas dans les pixels, mais dans l’affirmation qui les accompagne.
AP prévoit également de retransmettre les photographies avec une légende corrigée et un signalement explicite. Pour une erreur diffusée la veille, l’agence demande aux abonnés ayant repris l’information de publier aussi la correction. La chaîne de diffusion importe autant que la page d’origine : une rectification restée chez le premier éditeur ne renseigne pas nécessairement tous les lecteurs du texte repris ailleurs.
L’outil ne devient pas le responsable
La mise à jour de juillet indique que les productions de l’IA doivent être revues et éditées par les journalistes d’AP avant publication. Elle maintient l’interdiction d’utiliser l’IA générative pour créer ou modifier la photographie d’actualité. Elle prévoit aussi une information du public lorsque cette technologie joue un rôle substantiel dans un contenu publié.
Ces règles décrivent les engagements de l’agence, pas une mesure de leur respect dans chaque article. Pour le lecteur, elles offrent néanmoins des critères observables : une correction précise ce qui change ; une source identifiable permet de retrouver l’origine d’une affirmation ; une mention d’usage de l’IA explique une étape de fabrication. Aucune de ces indications ne remplace les autres. Savoir quel outil a participé à un texte ne dit pas encore si son chiffre central a été vérifié.
Sources
- AP : mise à jour des règles sur l’IA, 23 juillet 2026.
- AP : principes de rédaction et corrections.
- Reuters : normes journalistiques et corrections.
Sources consultées le 21 octobre 2026.






