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Environnement

Microfibres textiles : comment nos vêtements rejoignent les cours d’eau

Le lavage des matières synthétiques libère de minuscules fibres. Les limiter demande d’agir sur les vêtements, leur entretien et le traitement des eaux.

Intérieur du tambour d’un lave-linge.
Source et licence de l’image
Pauloleong2002 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Une polaire ne devient pas un déchet seulement lorsqu’elle est jetée. Pendant son usage et son lavage, un textile synthétique peut perdre de minuscules fragments. Le polyester, le polyamide ou l’acrylique contribuent ainsi à une pollution diffuse, moins visible qu’un emballage abandonné.

De quelle fibre parle-t-on ?

Une microfibre décrit d’abord une forme. Elle n’est pas nécessairement en plastique : le coton et la laine en libèrent aussi. Pour les vêtements synthétiques, les fragments du polymère constituent des microplastiques. Cette distinction évite de confondre toutes les particules textiles ou de présenter une matière naturelle comme dépourvue d’impact.

L’Agence européenne pour l’environnement, dans une synthèse publiée en 2022, décrit des rejets tout au long du parcours du vêtement : fabrication, port, entretien et fin de vie.

La station d’épuration n’est pas une disparition

Les eaux de lavage transportent des particules vers les réseaux d’assainissement. Le traitement peut en retenir une grande partie, mais une fraction rejoint les milieux aquatiques. Les fibres captées ne sont pas nécessairement détruites : elles peuvent se retrouver dans les boues. Leur gestion déplace donc une partie de la question vers les sols et le traitement des déchets.

Les organismes peuvent être exposés par ingestion. La présence de particules et la mesure d’un risque sanitaire précis restent toutefois deux questions différentes. Les effets dépendent des caractéristiques des fibres et de l’exposition ; les incertitudes scientifiques demeurent importantes.

Agir avant le dernier rinçage

Dans son rapport de 2021 consacré aux textiles et aux pneus, l’OCDE défend plusieurs points d’intervention : concevoir des produits qui s’usent moins, améliorer les pratiques d’utilisation, retenir les rejets et mieux gérer la fin de vie.

À l’échelle du foyer, éviter une lessive inutile et suivre les consignes d’entretien participe à cette démarche. Des dispositifs de filtration peuvent retenir des fibres, mais ils ne couvrent pas toutes les émissions, en particulier celles qui surviennent pendant le port ou la fabrication.

Le sujet dépasse donc le choix d’un programme de machine. La résistance du tissu, la durée d’usage, la conception des équipements et les infrastructures d’assainissement doivent être envisagées ensemble. Remplacer souvent des vêtements par des achats présentés comme plus verts ne suffit pas à résoudre cette chaîne de rejets.

Photo : Pauloleong2002 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

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