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Moss Kita au CNL : donner à l’illustration sa propre place

Les archives de Nadežda Kozomara éclairent la création des images du livre de Guy Rewenig. Elles invitent à considérer l’illustrateur comme un auteur à part entière.

Pointes de crayons de couleur en gros plan
Source et licence de l’image
m01229 / Wikimedia Commons — CC BY 2.0. Recadrage horizontal. Crayons photographiés en 2014. Illustration de la création graphique ; aucun matériel de Nadežda Kozomara n’est représenté.

Sur une couverture, nous cherchons souvent d’abord le nom de l’écrivain. Dans un livre illustré, une autre signature mérite pourtant la même attention. Le dossier consacré par le Centre national de littérature à Moss Kita donne une porte d’entrée concrète pour regarder le travail de l’image dans la littérature jeunesse luxembourgeoise.

Des images conservées avec leur histoire de création

Dans sa notice de juillet 2026, Pierre Marson revient sur Moss Kita, livre de Guy Rewenig paru en 2001, illustré par Nadežda Kozomara. Il s’agit de sa première publication de livre. Le CNL décrit un travail mêlant peinture et éléments photographiques en collage, autour d’une héroïne fascinée par l’eau.

Les illustrations ont rejoint les archives en 2022 grâce à un don de l’artiste, avec d’autres créations et documents associés. Elles appartiennent au fonds L-433 Nadežda Kozomara. Ce sont donc à la fois les images et des traces de leur fabrication que l’institution conserve.

Regarder avant de demander ce que cela représente

Notre proposition pour lire un album à plusieurs commence par un petit délai : laisser le regard parcourir la page avant de lancer une question. Demander immédiatement « qu’est-ce que c’est ? » peut réduire l’image à un objet à reconnaître. On peut aussi parler d’une couleur, d’un détail inattendu, d’une taille ou d’un espace vide.

Puis vient la relation au texte. L’image montre-t-elle ce que la phrase vient de dire, ajoute-t-elle une information, déplace-t-elle notre attention ? Ces questions constituent une méthode de lecture possible ; elles ne prétendent pas résumer toutes les pages de Moss Kita, que nous ne présentons pas ici comme un ouvrage intégralement relu par la rédaction.

Ne pas chercher à faire parler l’enfant à notre place

Dans une lecture partagée, l’adulte peut exprimer sa propre observation sans la transformer en correction. « J’ai remarqué ce détail » laisse davantage de place à un autre regard que « voilà ce qu’il faut voir ». Il est aussi possible de revenir sur la même page après le texte et de constater que quelque chose a changé dans la perception.

L’intérêt de l’archive est alors de prolonger une curiosité, pas d’imposer une interprétation unique. Elle permet de poser des questions sur les essais, les matériaux et les choix de composition, lorsque les documents conservés en apportent des traces.

Au moment de noter une référence ou de recommander un album, retenir le nom de l’illustratrice avec celui de l’écrivain est un premier geste très simple. Il rend visible une part de la création que le résumé de l’histoire laisse souvent de côté.

Sources

Sources consultées le 1er octobre 2026.

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