Un film consacré à une personne réelle peut choisir quelques jours plutôt qu’un parcours complet. C’est le projet de Moulin, en salles en France ce 28 octobre 2026, avec Gilles Lellouche dans le rôle du résistant et Lars Eidinger dans celui de Klaus Barbie.
Le projet expliqué par László Nemes
Dans un entretien publié par le Festival de Cannes le 27 octobre, le réalisateur précise : « L’ambition n’était pas de faire un biopic ». Il décrit une immersion dans les derniers jours de Jean Moulin, dont certains aspects restent mal connus.
Nemes explique vouloir placer le spectateur au plus près de cet homme, de ses contraintes et de son isolement. Il cite notamment sa lecture d’Alias Caracalla, de Daniel Cordier, parmi ses sources pour approcher le personnage. Ces propos éclairent l’intention du cinéaste ; cette présentation ne constitue pas une critique après visionnage.
Un moment de l’histoire à situer
Le resserrement du récit appelle quelques repères. Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon rappelle que Jean Moulin et plusieurs responsables de la Résistance sont arrêtés le 21 juin 1943 dans la maison du docteur Dugoujon, à Caluire-et-Cuire.
La réunion devait préparer des mesures transitoires après l’arrestation du général Delestraint, chef de l’Armée secrète. Elle ne résume donc pas à elle seule tout le travail d’unification de la Résistance.
Le CHRD distingue également les faits établis des zones d’incertitude : il situe le décès de Moulin, après les tortures et son transfert vers l’Allemagne, probablement au 8 juillet 1943. Un récit de cinéma et une chronologie historique ne donnent pas le même accès aux derniers moments d’un homme.
France et Luxembourg : deux calendriers différents
La sortie française ne correspond pas à une première découverte au Luxembourg. Le programme CinEast 2026 avait déjà proposé Moulin dans plusieurs salles luxembourgeoises, du 9 au 23 octobre. Ces séances sont terminées.
L’étiquette « biopic » aide à repérer un sujet ; elle renseigne moins sur le choix d’une période, d’un point de vue ou d’une distance au personnage. C’est ce choix de récit que Nemes met en avant pour présenter son film.
Portrait d’archive de László Nemes, diffusé en 2015. Lenke Szilágyi / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
La rédaction de LetzView mag






