Moins voir de moustiques en automne ne signifie pas qu’ils ont tous disparu. Selon l’espèce, la population et le milieu, l’hiver peut être traversé sous forme d’œuf ou d’adulte. Le froid ne produit donc pas un effacement uniforme, suivi d’un nouveau départ au printemps.
Deux exemples permettent de comprendre cette diversité : le complexe *Culex pipiens*, souvent appelé moustique commun, et *Aedes albopictus*, le moustique tigre.
Chez Culex, même le nom « moustique commun » demande une nuance
La fiche de l’ECDC consacrée à Culex pipiens distingue les formes *pipiens* et *molestus*. Leur comportement n’est pas identique.
Chez la forme *pipiens*, les femelles passent par une diapause hivernale au stade adulte. Ce terme désigne une suspension saisonnière de l’activité reproductive, et pas seulement un insecte momentanément engourdi par une nuit fraîche.
La forme *molestus*, davantage associée aux milieux humains, n’a pas cette diapause obligatoire. L’ECDC indique qu’elle peut se reproduire durant l’hiver dans des habitats urbains sombres et chauds contenant de l’eau, ou passer la mauvaise saison dans des abris comme des caves non chauffées.
Affirmer que tous les « moustiques communs » suivent le même calendrier effacerait donc une différence biologique importante.
Le moustique tigre peut traverser l’hiver dans l’œuf
La fiche de l’ECDC sur Aedes albopictus décrit une autre stratégie. Dans les populations des régions tempérées, les jours qui raccourcissent contribuent à la production d’œufs en diapause, dont l’éclosion est différée.
Les œufs résistent aussi à la dessiccation. Ils sont déposés au-dessus du niveau de l’eau, dans des récipients naturels ou artificiels. L’absence d’eau visible à un moment donné ne suffit donc pas à conclure qu’un contenant ne joue aucun rôle dans le cycle.
Cette stratégie ne doit pas devenir une règle absolue sur la mortalité des adultes. La fiche rapporte également des observations d’activité hivernale dans certaines régions méditerranéennes. Latitude, températures et microhabitats comptent : il n’existe pas un seuil unique qui décrirait toutes les situations.
Autour de la maison, regarder les petits récipients
L’Anses, dans sa présentation du moustique tigre, rappelle le rôle des coupelles, seaux, bidons ou gouttières dans les lieux de ponte. Elle recommande de supprimer les eaux stagnantes, de ranger les récipients à l’abri de la pluie et de faciliter l’écoulement des gouttières.
Il s’agit de réduire des gîtes potentiels, sans promettre la disparition de tous les moustiques. Ces repères biologiques ne constituent pas non plus un relevé de présence au Luxembourg : établir l’implantation locale d’une espèce demande une surveillance spécifique.
*Illustration : Aedes albopictus — James Gathany / CDC, PHIL 4487, domaine public.*






