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Déchets alimentaires : compter sans accuser

Un total de déchets ne dit pas combien de repas auraient pu être sauvés. Pour la rédaction, la lutte contre le gaspillage mérite des chiffres expliqués et des responsabilités précises.

Épluchures de légumes et marc de café dans un sac
Source et licence de l’image
Tek monde / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Photo du 23 février 2026, recadrée sous la même licence. Illustration : elle ne mesure pas le gaspillage d’un foyer luxembourgeois.

Opinion de la rédaction. Un chiffre peut alerter sans devenir un reproche adressé à chaque personne. Le 29 septembre 2026, Eurostat a publié une estimation de 129 kilos de déchets alimentaires par habitant dans l’Union européenne en 2024. Ce total couvre toute la chaîne alimentaire et comprend des parties comestibles comme non comestibles. Il ne correspond donc pas à 129 kilos de nourriture encore consommable jetés par chacun à la maison.

Ne pas transformer une moyenne en portrait

Cette précision ne rend pas le problème secondaire. Elle change la question à poser. Nous préférons demander quelle part peut être évitée, à quelle étape et par quelle décision, plutôt que faire porter à une moyenne le récit d’un comportement individuel.

La publication précise aussi que les données de 2024 manquent pour la Bulgarie, l’Allemagne et la Roumanie : les dernières valeurs disponibles ont servi à estimer l’agrégat européen. Ce choix méthodologique doit accompagner la lecture du résultat. Il ne transforme pas celui-ci en mesure propre au Luxembourg.

Demander des résultats comparables

Notre proposition est de séparer clairement, dans la communication publique, la quantité totale de déchets et la quantité de nourriture comestible écartée lorsqu’elle est mesurée. Une campagne devrait préciser ce qu’elle cherche à réduire et comment elle évaluera son effet. Sans cela, une baisse annoncée peut rester difficile à interpréter.

L’objection est réelle : affiner les catégories demande du travail et une méthode commune. Il serait excessif d’exiger un dispositif parfait avant toute action. Mais expliquer les limites d’un indicateur ne nécessite pas d’attendre cette perfection.

Une exigence envers toute la chaîne

Nous souhaitons la même clarté pour les engagements des distributeurs, des fabricants, de la restauration et des ménages. Chacun devrait pouvoir comprendre sur quoi porte l’effort demandé. Les chiffres européens ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer une intention ou une faute à un acteur particulier.

Réduire le gaspillage reste un objectif que nous défendons. Pour y parvenir, un indicateur expliqué nous paraît plus utile qu’un chiffre spectaculaire transformé en jugement. Notre article sur les objectifs de 2030 détaille séparément les périmètres de réduction.

Sources

Sources consultées le 2 octobre 2026. Les propositions exprimées sont celles de la rédaction.

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