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Périgueux : les banquets du Canon français sont passés, la controverse reste

Près de 3 000 convives, aucun incident majeur signalé et un maire qui défend son choix. Le calme du week-end n’éteint toutefois pas le débat politique, à quelques heures du conseil municipal.

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L’hôtel de ville de Périgueux, où le conseil municipal se réunit le 29 octobre 2026
Source et licence de l’image
Père Igor — Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0

Les trois banquets du Canon français se sont achevés dimanche 25 octobre à Périgueux sans les débordements redoutés par leurs opposants. Près de 3 000 convives se sont succédé à la Filature de l’Isle, selon le bilan présenté par le maire Michel Cadet. L’élu se dit désormais prêt à accueillir de nouveau l’organisation. Le calme observé pendant le week-end clôt un enjeu de sécurité ; il ne tranche pas la controverse politique qui accompagne l’événement depuis juin.

Un week-end sans affrontement signalé

Les banquets se sont tenus du 23 au 25 octobre dans une salle municipale. Dans un entretien publié par ICI Périgord le 26 octobre, Michel Cadet a décrit une organisation professionnelle, des repas alimentés par des produits de Dordogne et des hôtels sollicités par les participants. Il a aussi affirmé avoir été « traîné dans la boue » pendant les mois précédant l’événement.

Le maire présente donc le week-end comme une confirmation de son choix : l’événement a eu lieu, aucun rassemblement d’opposants n’a été signalé devant la salle et les incidents annoncés ne se sont pas produits. Il estime que les retombées ont bénéficié à l’économie locale. Ces appréciations restent celles de l’élu ; aucun bilan chiffré indépendant des dépenses, des recettes municipales ou du coût du dispositif de sécurité n’a été publié dans les sources consultées.

Pourquoi l’opposition ne portait pas seulement sur l’ordre public

Réduire la contestation à la crainte de débordements ferait disparaître une partie du dossier. Dès le 30 juin, plus de 400 personnes avaient manifesté devant la mairie, selon un reportage de Libération. Élus d’opposition, syndicats et associations demandaient l’annulation des banquets.

Leur critique visait les liens politiques qu’ils attribuent à l’entreprise et la présence de Pierre-Édouard Stérin parmi ses actionnaires. Elle s’appuyait aussi sur des incidents rapportés lors d’un précédent banquet à Caen. De leur côté, les responsables du Canon français rejettent l’étiquette d’extrême droite et présentent leurs rendez-vous comme des fêtes consacrées au terroir, au repas et aux traditions populaires.

Le fait que l’étape périgourdine se soit déroulée sans heurts constitue donc une information importante, mais limitée : il répond à la question du maintien de l’ordre ce week-end-là. Il ne valide ni n’invalide, à lui seul, les critiques relatives au financement, aux réseaux politiques ou au message culturel de l’entreprise.

Le débat revient à l’hôtel de ville

La Ville de Périgueux confirme que le conseil municipal se réunit ce jeudi 29 octobre à 17 h 30. La séance est publique. Michel Cadet a anticipé de nouvelles critiques de ses opposants au cours de cette réunion.

La page municipale consultée annonce la séance et renvoie à son ordre du jour, mais elle ne suffit pas à établir que le Canon français fera l’objet d’une délibération formelle. Il faut donc distinguer un échange politique possible d’un vote programmé.

Pour rendre la discussion vérifiable, quatre questions peuvent désormais être documentées : quelles ont été les conditions exactes de location de la Filature de l’Isle ; quels coûts publics ont été engagés pour la sécurité ; quelles retombées locales peuvent être mesurées ; et sur quels critères la mairie déciderait-elle d’une nouvelle location ?

Un bilan local, pas un verdict général

Après plusieurs mois de tensions, le premier constat tient en une phrase : les banquets ont eu lieu dans le calme. Le second est tout aussi net : l’opposition au Canon français ne reposait pas uniquement sur la prévision d’incidents.

La suite du débat gagnera donc à quitter les procès d’intention pour revenir aux documents, aux contrats et aux chiffres. Le bon déroulement d’un événement peut être établi. La portée politique qu’une ville accepte ou refuse de lui donner relève, elle, d’un choix public qui doit pouvoir être expliqué.

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