Un petit poisson de Tasmanie marque un grand chiffre. Le 3 août 2026, le projet Photo Ark a annoncé sa 18 000e espèce photographiée : le poisson-main rouge, Thymichthys politus. Le cap arrive vingt ans après le lancement de cette entreprise de portraits animaliers par Joel Sartore.
Le même espace visuel pour des animaux très différents
Dans son annonce du jalon, le photographe explique la logique du projet : des portraits sur fonds noirs ou blancs, qui réduisent les distractions et les comparaisons de taille. Un très petit animal peut ainsi occuper l’image aussi pleinement qu’un grand mammifère.
Le poisson-main rouge a été photographié dans le cadre du programme d’élevage de l’Institute for Marine and Antarctic Studies, à Hobart. Il se déplace sur le fond marin en prenant appui sur ses nageoires. Cette espèce en danger critique d’extinction appartient à une faune moins familière que les grands animaux emblématiques.
Une archive d’animaux suivis par des humains
Le reportage de Smithsonian, publié le 7 août, repose sur un entretien avec Sartore et des acteurs de la conservation. Il rappelle que les sujets sont généralement photographiés dans des zoos, des aquariums, des refuges ou des laboratoires.
Le nombre de 18 000 mesure donc l’étendue de cette archive. Il ne correspond ni au nombre total d’espèces animales connues ni au nombre d’espèces sauvées. La collection documente un ensemble d’animaux accessibles dans des structures de soins ou de conservation.
De la visibilité à l’action sur les habitats
Smithsonian décrit aussi le financement de projets par la Photo Ark Species Impact Initiative, dont un soutien en Floride à la restauration d’habitats d’insectes menacés. Cette étape relie les portraits à un travail de terrain, avec des partenaires et des besoins propres à chaque espèce.
Une image peut rendre un animal visible ; sa préservation dépend ensuite de conditions bien matérielles. C’est dans ce passage du regard à la protection des habitats que se joue la portée du projet.
Photo d’archive : poisson-main rouge, Tasmanie, novembre 2018. Rick Stuart-Smith / Reef Life Survey, CC BY 3.0, recadrée.






