La sardine d’Europe vit en bancs. Cette manière d’occuper la pleine eau explique le principe d’une technique de pêche professionnelle : la bolinche, un filet qui entoure les poissons avant de se refermer par-dessous.
Comprendre cet engin demande donc de regarder d’abord l’animal, puis la façon dont le filet retient le groupe.
Un petit poisson au milieu d’un réseau alimentaire
La sardine d’Europe, *Sardina pilchardus*, fréquente l’Atlantique Nord-Est, la Méditerranée et la mer Noire. La fiche naturaliste DORIS la décrit comme un poisson d’une vingtaine de centimètres, pélagique : elle vit en pleine eau, entre la surface et le fond.
Elle se nourrit principalement de petits animaux du plancton, surtout des copépodes, de minuscules crustacés. Son alimentation passe par la filtration : l’eau entre par la bouche, tandis que les proies sont retenues au niveau des branchies.
La sardine est elle-même consommée par d’autres poissons, des oiseaux et des mammifères marins. C’est une espèce fourrage : elle relie le plancton à de plus grands prédateurs. Sa place dans la mer dépasse ainsi celle d’un poisson destiné aux conserveries.
Une paroi de filet, puis une fermeture
La bolinche appartient aux sennes tournantes et coulissantes. Le portail terminologique de la FAO décrit une longue paroi de filet maintenue par une ligne de flotteurs en haut et lestée en bas. Des anneaux sont disposés sur son bord inférieur ; une coulisse les traverse.
Lorsque cette coulisse est ramenée, le dessous se ferme à la manière d’une bourse. Les poissons encerclés ne disposent plus de la même voie de fuite vers le bas. Le principe consiste à entourer un groupe, puis à fermer le filet, plutôt qu’à traîner un chalut derrière un bateau.
La fiche DORIS cite précisément la bolinche parmi les techniques employées pour la sardine, aux côtés du chalut pélagique. Ces noms désignent donc des engins et des mouvements différents.
Un engin ne résume pas l’état d’une population
Savoir comment un poisson est capturé aide à comprendre la pêche. Cela ne suffit pas à établir qu’une population est abondante, qu’elle se reconstitue ou que toutes les pêcheries utilisant ce matériel ont le même impact.
Un bilan de ressource doit rester rattaché à une zone et à une période de suivi. La présence de sardines sur un étal, ou le seul mot « bolinche », ne remplace pas cette information.






