3 335 km² de déforestation en un an : le plus faible niveau de la série commencée en 1988. L’INPE, l’institut spatial brésilien, a annoncé ce résultat le 16 octobre 2026. Il concerne août 2025 à juillet 2026, contre 5 731 km² durant les douze mois précédents, soit une baisse de 41,8 %.
Le chiffre décrit donc une période antérieure à la réélection de Lula le 25 octobre. Il ne mesure pas les premiers effets de cette victoire.
Un bilan annuel, pas un compteur d’incendies
Ce résultat du programme Prodes reste une estimation fondée sur les images prioritaires ; le bilan amazonien consolidé doit suivre au premier semestre de l’année suivante. Les alertes du système Deter servent, elles, à orienter les contrôles : leur addition ne reproduit pas le relevé annuel.
Autre distinction : une baisse de la déforestation n’exclut ni incendies ni dégradation. Le recul mesuré laisse aussi subsister des milliers de kilomètres carrés de pertes.
Les « 20 000 km² évités » répondent à une autre question
Dans son analyse publiée le 28 septembre, Carbon Brief estime qu’au moins 20 000 km² de forêt seraient restés debout depuis le retour de Lula au pouvoir en 2023, par comparaison avec un scénario sans application du code forestier.
Cette surface n’est pas un deuxième inventaire de terrain. Elle représente l’écart avec une trajectoire modélisée, utilisée comme approximation d’une poursuite de la politique de Jair Bolsonaro. Le calcul dépend de ces hypothèses. Il ne s’ajoute pas aux surfaces du bilan annuel pour fabriquer un total de forêt « sauvée ».
Un mandat supplémentaire, des obstacles persistants
Le reportage d’Associated Press après le scrutin rapporte le soulagement d’organisations autochtones et environnementales, mais aussi leur inquiétude face à un Congrès renforcé à droite et aux intérêts agro-industriels. L’agence rappelle également les critiques suscitées par le soutien de Lula aux recherches pétrolières en mer près de l’Amazonie.
Une continuité politique peut favoriser la protection forestière ; elle ne garantit ni les votes du Parlement ni l’absence de contradictions dans les choix énergétiques. Les prochains relevés permettront de juger la trajectoire effective au-delà du résultat électoral.






