Deux titres proches ne désignent pas toujours le même texte. Avec La Musica et La Musica deuxième, Marguerite Duras revient vingt ans plus tard sur une rencontre entre un homme et une femme. Ce travail de reprise donne une entrée dans son théâtre, où une situation quotidienne peut ouvrir une conversation impossible à refermer.
1965 et 1985 : une pièce prolongée
La Comédie-Française rappelle que La Musica, initialement écrite pour la BBC, est publiée en 1965. Sa création au Studio des Champs-Élysées, le 8 octobre de cette année-là, réunit Claire Deluca et René Erouk, dans une mise en scène d’Alain Astruc et Maurice Jacquemont.
En 1985, Duras reprend le texte avec des ajustements et lui ajoute une suite. L’ensemble devient La Musica deuxième, créée le 20 mars au Théâtre du Rond-Point Renaud-Barrault, avec Miou-Miou et Sami Frey, sous la direction de l’autrice. Le mot « deuxième » signale donc un nouvel état de l’œuvre, pas simplement une autre distribution.
Un chien, deux femmes et un passant
Les Eaux et Forêts propose un autre point de départ. Dans le résumé de Duras conservé par l’association qui porte son nom, le chien de Marguerite-Victoire Sénéchal mord un passant ; Jeanne-Marie Duvivier assiste à la scène. Les deux femmes veulent conduire l’homme et l’animal à l’Institut Pasteur. Lui refuse : l’incident devient une occasion de parler.
La pièce a été créée le 14 mai 1965 au Théâtre Mouffetard, avec Hélène Surgère, Claire Deluca et René Erouk, dans une mise en scène d’Yves Brainville. Les souvenirs de Claire Deluca, publiés par l’association, rapportent que Duras a développé certains rôles pendant les répétitions. Ils montrent une écriture qui se retravaille aussi au contact des interprètes.
Une reprise à Paris cet automne
La Comédie-Française programme La Musica deuxième, mise en scène par Arnaud Desplechin, au Théâtre du Vieux-Colombier du 30 septembre au 11 novembre 2026. Alexandre Pavloff et Adeline d’Hermy interprètent le couple. Le dossier annonce un dispositif bifrontal : le public est installé de part et d’autre d’un plateau étroit.
Cette présentation repose sur les archives et le dossier du théâtre, sans compte rendu de représentation. Pour choisir une lecture ou préparer une sortie, le premier repère reste la version annoncée : le dialogue de 1965 et son prolongement de 1985 appartiennent à la même histoire, mais ne sont pas interchangeables.






