ϟ À LA UNE2026 ED138 : ce que révèle vraiment le candidat au statut de planète naineMagazine luxembourgeois 3 nov. 2026
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Nature et environnement

Face aux vagues extrêmes, le sol du marais résiste mieux que ses plantes

Un essai à échelle réelle aux Pays-Bas distingue la résistance du sol de l’effet amortisseur de la végétation. Des résultats utiles pour compléter les digues.

Marais littoral végétalisé parcouru de chenaux d’eau à Wasserkoog
Source et licence de l’image
Dirk Ingo Franke / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Wasserkoog, 2011.

Un marais peut garder un sol stable pendant que ses plantes s’abîment. Cette distinction change la manière de comprendre son rôle face aux vagues : la tenue du terrain et l’effet amortisseur de la végétation ne se mesurent pas avec le même indicateur.

Une expérience présentée par Deltares le 21 octobre 2026 apporte des éléments pour associer ces milieux aux protections du littoral. L’enjeu est d’évaluer leur contribution aux côtés des digues, avec des résultats qui dépendent des conditions locales.

Un morceau de littoral dans un canal à vagues

Les marais salés sont des zones humides côtières inondées puis découvertes par les marées. La NOAA explique que leur végétation, leurs sols et leur capacité à piéger les sédiments contribuent à limiter l’érosion. Ce sont aussi des habitats et des zones de refuge pour de nombreuses espèces.

Pour examiner leur comportement sous des vagues fortes, l’équipe de Pim Willemsen a installé 306 mètres carrés de marais dans le Delta Flume, à Delft. Selon l’étude publiée dans Nature, les essais ont commencé en février 2024 : la publication des résultats en 2026 ne correspond donc pas à la date de l’expérience.

Le programme a duré environ 29 heures, dont 21 avec la végétation aérienne. Pendant les huit dernières heures, celle-ci avait été retirée pour isoler sa contribution par comparaison.

Un sol stable, des plantes progressivement endommagées

Après les 21 heures avec végétation, les mesures indiquent un abaissement moyen du sol de 7 millimètres. C’est une moyenne, et non une perte maximale garantie partout. La biomasse aérienne restante est descendue à environ 20 à 25 % de sa valeur initiale.

Les vagues testées atteignaient jusqu’à deux mètres de hauteur significative, un indicateur statistique de l’état de mer. L’atténuation supplémentaire liée aux plantes variait de 6 à 22 % pour les vagues de 75 centimètres, contre 0 à 6 % pour celles de deux mètres. Ces pourcentages portent sur la diminution de hauteur des vagues ; ils ne décrivent ni une baisse équivalente de leur énergie, ni une réduction du risque d’inondation.

Une protection complémentaire à dimensionner

Dans sa présentation des travaux, Deltares distingue les résultats du bassin de l’évaluation à l’échelle mondiale. L’effet supplémentaire de la végétation y apparaît plus marqué sur les littoraux où les vagues au-dessus du marais restent relativement basses. Un chiffre obtenu dans une configuration ne peut donc pas devenir une promesse universelle de protection.

La conservation de ces milieux associe plusieurs fonctions : habitat, rétention des sédiments et amortissement des vagues. Leur maintien dépend cependant aussi des apports sédimentaires et de l’érosion de leurs bords. Pour un projet côtier, la question devient celle de la combinaison adaptée entre le marais existant, son évolution et les ouvrages à protéger.

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