La Médée chantée par Marie-Nicole Lemieux au Théâtre des Champs-Élysées appartient désormais aux écoutes à retrouver. Le concert parisien du 30 septembre 2026 a été diffusé le 24 octobre dans Samedi à l’opéra. Le théâtre annonce ensuite sa disponibilité sur le site de France Musique et l’application Radio France.
Une distribution réunie autour de la magicienne
La fiche du Théâtre des Champs-Élysées confirme la présence de la contralto dans le rôle-titre, avec Petr Nekoranec en Jason, Juliette Mey en Créuse et Alex Rosen en Créon. Stéphane Fuget dirige Les Épopées et le Chœur de chambre de Namur, préparé par Thibaut Lenaerts.
Il s’agit d’une version de concert, chantée en français. Cette précision oriente l’approche : la présentation repose sur l’œuvre et ses interprètes, sans prétendre décrire une mise en scène ni juger une soirée à laquelle nous n’avons pas assisté.
Charpentier et Thomas Corneille
Le catalogue du Centre de musique baroque de Versailles attribue la musique à Marc-Antoine Charpentier et le texte à Thomas Corneille. Cette tragédie en musique date de 1693. Le titre renvoie donc ici à une œuvre précise du répertoire français, et pas à toutes les adaptations du mythe de Médée.
Le catalogue documente aussi la diversité des formes qui composent la partition : ouverture, airs, chœurs et passages instrumentaux. Les personnages humains y côtoient des figures allégoriques et surnaturelles.
L’amour devient une revendication de pouvoir
La présentation du théâtre place au centre du drame les passions et leurs excès. Médée, Jason et Créuse ne forment pas seulement un triangle amoureux : leurs désirs engagent la fidélité, l’exil et la capacité à imposer sa volonté aux autres.
Pour entrer dans cette œuvre, suivre les changements d’interlocuteur offre un premier repère : à qui s’adresse un personnage, que demande-t-il et comment sa demande se transforme-t-elle en menace ? Cette question donne un fil à la tragédie sans réduire son intérêt à son seul dénouement.
Illustration : manuscrit des Arts florissans de Charpentier, BnF / Gallica, domaine public.






