Ce dimanche 25 octobre 2026, une journée ne compte pas 24 heures sur les horloges du Luxembourg : elle en compte 25. À 3 heures du matin, l’heure locale est revenue à 2 heures. Mais le mécanisme administratif du changement d’heure ne doit pas être confondu avec un autre phénomène, beaucoup plus discret : la rotation de notre planète ne prend pas toujours exactement 24 heures.
Cette distinction éclaire une étude publiée en septembre 2026 dans *Nature*. Ses auteurs proposent une explication physique aux variations de quelques millisecondes observées sur plusieurs décennies.
Pourquoi ce dimanche dure-t-il 25 heures ?
La commune de Strassen a rappelé la règle en vigueur : dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, à 3 h, les montres reviennent à 2 h. Entre les deux, l’heure locale est répétée. Cette journée civile comporte donc une heure supplémentaire, alors que la Terre ne modifie pas soudainement sa vitesse de rotation.
Entre minuit au début de ce dimanche et minuit au début du lundi, il s’écoule donc 25 heures. L’affichage « 2 h 30 » apparaît deux fois : une fois avant le recul de l’horloge, puis une seconde après. Pour un horaire nocturne, préciser le décalage UTC permet de lever cette ambiguïté.
En mars, c’est l’inverse : lors du passage à l’heure d’été, une heure civile disparaît. Il ne s’agit jamais de 60 minutes réellement ajoutées ou retirées à la durée astronomique d’une rotation.
Le jour terrestre n’est pas une horloge parfaite
La référence de 86 400 secondes est commode pour organiser nos journées. Mais l’institut américain NIST explique qu’une rotation terrestre mesurée par rapport à des repères astronomiques présente de légères variations. Elles sont souvent de l’ordre de la milliseconde, soit un millième de seconde.
Pourquoi ? La Terre n’est ni une sphère parfaitement rigide ni un système isolé. Les océans, l’atmosphère, les masses de glace et les couches profondes de la planète échangent de la quantité de mouvement. Leur évolution peut accélérer ou ralentir imperceptiblement la rotation observable.
Sur des durées très longues, les effets des marées provoquées par la Lune tendent à ralentir la Terre. À d’autres échelles, la répartition des masses d’eau après la fonte des glaces, les mouvements atmosphériques et l’intérieur de la planète jouent aussi un rôle.
Ce que les chercheurs ont découvert à l’intérieur de la Terre
Le 23 septembre 2026, l’Université de l’Alberta a présenté les travaux de Huifeng Zhang et Mathieu Dumberry, publiés dans *Nature*, sur les variations de la durée du jour sur plusieurs décennies.
Leur point de départ : le noyau interne solide peut tourner légèrement différemment du manteau rocheux qui l’entoure, séparé de lui par un noyau externe liquide. Ces mouvements échangent de la quantité de mouvement angulaire. Lorsque le manteau accélère ou ralentit, la durée de rotation mesurée à la surface change très légèrement.
Les chercheurs proposent que le couple gravitationnel, c’est-à-dire une force de torsion résultant de l’attraction entre des masses inégalement réparties, joue un rôle principal dans certaines fluctuations observées. Leur modèle intègre aussi les interactions à la frontière entre noyau et manteau.
L’Université de l’Alberta souligne que le mécanisme aide à expliquer des variations d’une poignée de millisecondes à l’échelle de décennies. C’est un résultat de modélisation appuyé par des observations géophysiques, non une mesure directe effectuée par une sonde au centre de la Terre.
Pourquoi mesurer une différence invisible ?
Les ordres de grandeur n’ont rien de comparable : une heure représente 3 600 000 millisecondes. La différence de quelques millisecondes étudiée par les géophysiciens ne peut donc pas expliquer l’heure civile répétée de ce dimanche.
Une variation d’une milliseconde est imperceptible dans la vie quotidienne. Elle importe pourtant aux systèmes qui exigent une mesure très précise du temps et de l’orientation de la Terre.
Les horloges atomiques établissent une référence extrêmement stable, tandis que les observations astronomiques permettent de suivre la rotation réelle de notre planète. La comparaison sert notamment au positionnement par satellite, aux calculs astronomiques et à la synchronisation de certains systèmes techniques.
L’appareil représenté dans l’illustration de cet article est une horloge atomique expérimentale du NIST, pas une machine destinée à modifier le changement d’heure. Il rappelle que mesurer le temps avec précision et organiser l’heure légale sont deux problèmes différents.
Ce dimanche, l’heure répétée à 2 h du matin relève donc d’une décision de calendrier. Les fractions de seconde révélées par les études géophysiques racontent, elles, les mouvements de notre planète. Deux phénomènes sans lien causal, réunis par la même question : que mesure-t-on exactement quand on dit qu’un jour dure 24 heures ?






