Tom Laperche a remporté la Route du Rhum 2026 dans la catégorie Ultim, à bord du trimaran SVR-Lazartigue. Pour sa première participation à cette transatlantique en solitaire, le navigateur de 29 ans a bouclé la traversée en 6 jours, 13 heures, 27 minutes et 40 secondes. L’organisateur annonce un nouveau record de l’épreuve, amélioré de 6 heures, 19 minutes et 45 secondes.
La vitesse ne résume pourtant pas le défi des dernières heures. Dans l’entretien publié par franceinfo après son arrivée, Laperche revient autant sur la vigilance à conserver jusqu’à la ligne que sur la préparation menée avec son équipe. La performance rassemble ces deux dimensions : un marin seul à bord, et un projet construit à plusieurs.
Une arrivée dans la nuit guadeloupéenne
L’annonce officielle situe le passage de la ligne au 8 novembre 2026 à 02 h 31 min 40 s UTC. En Guadeloupe, il était encore 22 h 31 min 40 s le samedi 7 novembre. La date du dimanche matin en temps universel et celle du samedi soir à Pointe-à-Pitre désignent donc le même instant.
SVR-Lazartigue concourt parmi les Ultim, les grands multicoques de la course. Laperche remporte ce classement et établit le nouveau temps de référence de la traversée. Les autres classes disposent de leurs propres classements : ce record de traversée ne les fusionne pas avec le résultat des Ultim.
L’organisateur indique que le skipper a mené la course de bout en bout. Son temps dépasse de plus de six heures la précédente référence, établie par Charles Caudrelier en 2022. Ce repère mesure la rapidité d’une édition à l’autre ; les conditions de navigation et le déroulement de chaque course restent propres à la traversée considérée.
Garder de la lucidité jusqu’à la ligne
À l’approche de la Guadeloupe, l’avance ne dispense plus seulement de surveiller les concurrents. Il faut encore achever la course sans erreur, dans une zone où les manœuvres, les grains et les îles sollicitent l’attention. Franceinfo rapporte également le passage à proximité de dispositifs de concentration de poissons dans la phase finale.
Laperche décrit la nécessité de rester pleinement vigilant malgré le manque de sommeil. Cette gestion du repos fait partie de la conduite du bateau : la traversée ne se termine pas lorsque la victoire paraît probable, mais lorsque la ligne est franchie. Dans les derniers milles, le navigateur doit donc conserver une capacité de décision alors que la fatigue s’accumule.
Son entretien évoque aussi le choc provoqué en mer par l’annonce du chavirage d’Armel Le Cléac’h. Laperche raconte avoir été profondément secoué par la nouvelle. Cette réaction rappelle la proximité du risque pour les concurrents, y compris pour celui qui mène la flotte. Elle ne permet pas de reconstituer les circonstances de l’accident de l’autre skipper, qui constituent un sujet distinct.
Le solitaire et l’équipe à terre
Dans son témoignage à l’arrivée, Laperche insiste sur le travail des techniciens de SVR-Lazartigue. Il évoque leurs efforts de préparation et les nuits consacrées à amener le trimaran à son meilleur potentiel. La navigation en solitaire désigne la présence d’un seul marin à bord ; elle ne signifie pas que la conception et la préparation du projet reposent sur lui seul.
Le skipper a également retrouvé ses proches, dont son petit frère Mathieu. Il souligne la confiance de ses parents, qui l’ont accompagné tout en le laissant faire ses choix. Ces paroles donnent une autre échelle à l’arrivée : le record est public et chiffré, mais le passage du ponton marque aussi les retrouvailles après plusieurs jours de mer.
Ce travail collectif ne retire rien à la responsabilité du navigateur en course. Il permet de comprendre ce qui la précède et l’entoure. Le bateau doit être préparé, ses possibilités connues et les décisions prises à bord suffisamment lucides pour transformer la préparation en résultat. Laperche attribue une part importante de sa réussite à cette confiance dans son équipe technique.
Une première participation qui devient une référence
Le marin avait grandi avec les images des arrivées en Guadeloupe. Il décrit cette victoire comme un « rêve d’enfant », selon franceinfo. Une première Route du Rhum terminée en vainqueur, avec un record à la clé, donne à cette ambition ancienne une traduction très concrète.
Pour la suite, le chiffre restera : 6 jours, 13 heures, 27 minutes et 40 secondes. Mais le récit de Laperche rappelle ce qui se joue derrière une durée aussi précise : tenir le bateau, gérer la fatigue, conserver son attention et mener jusqu’au bout le travail engagé avant le départ. Le chrono entre dans les annales ; la vigilance des derniers instants explique pourquoi une course déjà bien engagée reste à finir.
Références
- Route du Rhum, annonce officielle de la victoire et du record
- franceinfo, première réaction de Tom Laperche
- franceinfo, entretien sur la vigilance et le travail d’équipe
SVR-Lazartigue à l’entrée de Brest en 2024. Photographie d’archive, distincte de l’arrivée de la Route du Rhum 2026.
Crédit : Claude PERON — Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0.






