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Windows 11 : l’intégrité de la mémoire dépend aussi des pilotes

Windows 11 étend l’activation de l’intégrité de la mémoire aux PC éligibles, mais la compatibilité des pilotes et les choix de l’utilisateur peuvent faire la différence. Voici où vérifier son état.

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Des modules de mémoire sur une carte mère, en illustration de la sécurité Windows.
Source et licence de l’image
Valentine Tanasovich — Pexels — Licence Pexels

L’intégrité de la mémoire, une protection de Windows 11 contre certaines attaques visant le noyau, peut s’activer automatiquement sur des PC compatibles. Mais la mise à jour ne l’impose pas à toutes les machines : la version de Windows, la virtualisation matérielle, les pilotes installés et les choix de l’utilisateur ou de l’administrateur comptent. Voici comment vérifier son état et comprendre ce qu’un éventuel blocage signifie.

Une barrière supplémentaire pour le cœur de Windows

Un pilote fait le lien entre Windows et un composant comme une webcam, un clavier ou une carte graphique. Parce qu’ils interviennent à un niveau privilégié du système, ces logiciels peuvent aussi représenter une voie d’attaque s’ils sont vulnérables ou compromis.

L’intégrité de la mémoire, aussi appelée HVCI (Hypervisor-Protected Code Integrity), vérifie le code destiné à s’exécuter dans le noyau de Windows. Pour isoler ces contrôles, elle s’appuie sur la virtualisation matérielle : une partie du système fonctionne dans un environnement séparé, ce qui rend plus difficile la modification des mécanismes de vérification par un logiciel malveillant.

La fonction vise notamment à limiter certains risques associés aux pilotes de bas niveau et aux rootkits, des logiciels malveillants qui cherchent à se cacher au cœur du système. Elle ne constitue toutefois ni une protection contre toutes les attaques ni un remplacement de l’antivirus. Elle s’inscrit parmi les protections de Windows, avec d’autres mécanismes qui n’agissent pas tous au même endroit.

Une activation progressive, pas une garantie pour chaque PC

Microsoft indique que la mise à jour KB5127936, publiée le 28 octobre 2026 en préversion pour Windows 11 25H2 et 26H2, étend l’activation de l’intégrité de la mémoire aux appareils éligibles. Le déploiement est progressif : la fonction peut donc ne pas apparaître au même moment sur tous les PC concernés. La note de version précise également que Windows respecte les choix antérieurs de l’utilisateur ou de l’administrateur informatique.

L’éligibilité dépend notamment de la configuration matérielle et logicielle. La virtualisation matérielle doit être activée dans l’UEFI ou le BIOS, et les pilotes doivent être compatibles. Un pilote ancien ou incompatible peut empêcher l’activation, sans que cela signifie qu’il est malveillant : un logiciel légitime peut simplement ne pas répondre aux exigences de cette protection.

L’option peut aussi être absente ou présentée différemment selon la version de Windows et le matériel. Sur un ordinateur professionnel ou scolaire, un administrateur peut en outre gérer les paramètres. Il n’existe donc pas un état identique attendu sur toutes les machines, même après une mise à jour.

Vérifier l’état depuis Sécurité Windows

Pour contrôler la fonction, ouvrez l’application Sécurité Windows, puis choisissez Sécurité des appareils. Dans Détails de l’isolation du noyau, cherchez Intégrité de la mémoire. Le bouton permet de voir si elle est activée. Microsoft précise que les fonctions visibles dans cette page varient selon la version de Windows et les composants installés.

Si elle est active, le bouton indique que la protection est activée. Si elle est inactive, un message peut indiquer qu’un pilote incompatible est en cause. La première étape utile consiste alors à rechercher une version plus récente via Windows Update ou auprès du fabricant du PC ou du périphérique. Si l’ordinateur est géré par une organisation, mieux vaut demander conseil à son service informatique avant toute modification.

Ne supprimez pas un pilote au hasard : cela pourrait empêcher un périphérique ou une application de fonctionner correctement. Microsoft indique qu’en l’absence de pilote compatible, il peut être nécessaire de retirer l’appareil ou l’application qui dépend de ce pilote, mais cette décision se prend après avoir identifié précisément le composant concerné. Si aucune explication claire n’apparaît, le fabricant est le bon interlocuteur.

Ce que cette protection ne remplace pas

L’intégrité de la mémoire agit sur le code qui cherche à s’exécuter dans le noyau ; elle ne bloque pas à elle seule toutes les formes de logiciels malveillants, d’hameçonnage ou de vol de données. Elle ne dispense donc pas de maintenir Windows et les autres logiciels à jour, ni de conserver des sauvegardes. Au Luxembourg, POST recommande également de tenir à jour le système et les outils de protection, et de se méfier des liens ou pièces jointes inattendus.

Le contrôle de l’intégrité de la mémoire est ainsi surtout une vérification concrète : la fonction est-elle présente et active sur ce PC ? Si elle ne l’est pas, un pilote incompatible constitue une piste à examiner, pas une preuve d’infection. Le déploiement de Microsoft ajoute une couche de protection sur les PC éligibles où la fonction est activée, mais le matériel, les pilotes et les paramètres de gestion déterminent ce qui est effectivement disponible au quotidien.

Références

Photographie : Valentine Tanasovich — Pexels — Licence Pexels.

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