Déléguer le remplissage d’un panier à un agent IA peut libérer du temps sans accélérer la commande. Dans un essai publié par Clubic, ChatGPT a retrouvé des références et ajouté les quantités demandées sur un site de courses en ligne. Mais le panier a pris environ trente minutes à préparer, les autorisations ont interrompu le parcours et l’utilisateur devait encore valider sa commande. Le résultat décrit une tâche précise, pas une automatisation sans surveillance.
Un panier rempli, avec une liste déjà préparée
L’essai rapporté par Clubic consistait à transférer une liste de courses d’une enseigne à une autre, puis à ajouter quelques produits. Les marques et les quantités étaient déjà définies. Pour guider l’agent, le journaliste lui a fourni un fichier, sept captures d’écran et des liens vers les produits recherchés. La préparation de ces éléments lui a pris moins de cinq minutes.
Cette étape est loin d’être accessoire. Une liste exploitable réduit le travail de recherche et laisse moins de décisions à prendre à l’agent. Clubic estime que rédiger la liste, préciser les marques et les quantités et vérifier ce qui manquait aurait plutôt demandé au moins un quart d’heure. C’est une estimation du journaliste, pas une mesure contrôlée ; elle montre néanmoins pourquoi le résultat dépend aussi du travail effectué avant l’intervention de l’IA.
Les consignes étaient explicites : ne pas remplacer un produit, éviter les doublons et conserver les articles déjà présents dans le panier. L’agent pouvait naviguer et ajouter des produits, mais pas valider la commande ni payer. Un premier passage a laissé certains articles de côté, faute de disponibilité ou de correspondance exacte. Le magasin affiché n’était pas non plus celui voulu pour la suite ; l’utilisateur a dû le préciser avant de reprendre.
Au terme de l’essai, Clubic rapporte qu’aucune erreur n’a été constatée dans le panier complété : références et quantités correspondaient à la demande. C’est un résultat utile, mais circonscrit à une liste donnée, dans un parcours particulier. Il ne permet pas de conclure que l’agent retrouvera toujours le bon produit, que le stock affiché est à jour ou que tous les sites fonctionneront de la même manière.
Le temps écoulé n’est pas le temps mobilisé
Pour l’ensemble de l’opération, réglages compris, le journaliste évalue le temps écoulé à environ trente minutes, de la rédaction de sa demande à la validation de la commande. Il estime qu’il aurait consacré une vingtaine de minutes à remplir lui-même un panier comparable. Pris comme un simple chronomètre, l’essai ne montre donc pas un gain de temps : l’opération automatisée a duré plus longtemps.
La différence tient à ce qui se passait pendant ces minutes. Le journaliste a pu continuer à travailler tandis que le navigateur parcourait les pages. Le temps total avant d’avoir un panier prêt et le temps passé à effectuer soi-même les clics ne mesurent pas le même coût. L’agent peut être intéressant si l’objectif est de garder les mains libres pour une autre activité, même quand la tâche ne se termine pas plus vite.
Mais le temps n’a pas été entièrement libéré. Il a fallu autoriser l’accès au compte, à différentes pages et au contrôle du site, puis répondre à d’autres sollicitations. Ces validations ont un coût pratique : l’utilisateur doit rester disponible et suivre ce que l’agent fait. Elles jouent aussi un rôle de contrôle, notamment lorsque le système agit dans un espace personnel. Dans cet essai, la commande et le paiement restaient hors de son périmètre.
Une expérience ne vaut pas une garantie
OpenAI présentait, dans son billet de lancement de ChatGPT agent publié le 17 juillet 2025, un système capable d’utiliser un ordinateur virtuel pour effectuer des tâches et demandant une autorisation avant certaines actions importantes. L’entreprise indiquait également que l’utilisateur pouvait interrompre le travail ou reprendre le contrôle du navigateur. Ce document explique le principe annoncé par OpenAI ; il ne constitue pas une évaluation indépendante de la fiabilité d’un achat ni une description à jour de toutes les conditions d’accès. La page signale elle-même que son contenu est dépassé pour les conditions courantes.
L’essai de Clubic apporte un autre type d’information : le compte rendu d’une utilisation précise, menée par un journaliste. Il ne s’agit pas d’un benchmark — une évaluation répétée selon un protocole défini — et les sources disponibles ne donnent pas de série de commandes permettant de mesurer un taux d’erreur. Un panier correct dans cet essai ne permet donc pas de calculer la probabilité de réussite lors d’une prochaine commande.
La distinction est importante parce que l’agent ne se contente pas de produire une réponse écrite. Il agit dans un navigateur et dépend des pages, des comptes et des autorisations disponibles. Une consigne mal préparée, un produit indisponible, une correspondance ambiguë ou une interface modifiée peuvent compliquer le parcours. La validation humaine garde sa place : il faut contrôler le panier et décider de commander.
L’intérêt dépend aussi des solutions déjà en place
Pour refaire des achats réguliers, les listes enregistrées, l’historique et les produits habituels proposés par une enseigne peuvent être plus directs. Clubic souligne que l’essai avait une particularité : il fallait transférer des produits d’un magasin à un autre, ce que les habitudes enregistrées dans le premier compte ne réalisaient pas automatiquement. La première recherche peut donc apporter davantage que la répétition d’un panier connu.
Une fois les produits retrouvés et enregistrés dans le nouveau magasin, le bénéfice de faire intervenir à nouveau un agent devient moins évident. Pour une petite liste déjà prête, l’automatisation peut éviter une série de recherches pendant que l’utilisateur poursuit une autre tâche. Pour un repas nécessitant des dizaines de produits, le journaliste dit qu’il retournerait directement sur le drive et irait plus vite lui-même.
Clubic rapporte aussi que cette opération a consommé près de la moitié du quota ChatGPT Plus du journaliste sur une fenêtre de cinq heures. Il s’agit de son observation lors de cet essai, pas d’une limite officielle générale ou nécessairement valable aujourd’hui. Elle rappelle toutefois une dépendance à intégrer au calcul : un agent peut mobiliser une ressource d’abonnement qui sert aussi à d’autres usages.
La bonne question n’est donc pas seulement de savoir si l’IA sait remplir un panier. Dans ce cas précis, elle l’a fait correctement après des indications, un changement de magasin et plusieurs autorisations. Pour décider si le service est utile, il faut aussi comparer le temps réellement libéré, le suivi encore nécessaire, les outils déjà proposés par l’enseigne et le coût d’accès. Le panier peut être prêt sans que l’utilisateur ait cessé d’en être responsable.
Références
- ChatGPT peut faire les courses à votre place : le gain de temps vaut-il l’effort ? — Clubic
- Introducing ChatGPT agent — OpenAI, publication de lancement du 17 juillet 2025
Photographie : Helena Lopes — Pexels — Licence Pexels.






